Italie : une nouvelle loi permet aux anti-IVG d'accéder aux centres de conseils
En Italie, les groupes anti-avortement se sont vus accorder l’accès aux cliniques IVG à la suite d’un vote du Sénat mardi (23 avril) — assez pour relancer le débat sur la place de l’avortement dans le pays, 46 ans après sa légalisation.
En Italie, les groupes anti-avortement se sont vus accorder l’accès aux cliniques IVG à la suite d’un vote du Sénat mardi (23 avril) — assez pour relancer le débat sur la place de l’avortement dans le pays, 46 ans après sa légalisation.
Le Sénat a donné son approbation finale à un décret sur le plan national de relance et de résilience de l’Italie, qui comprenait un amendement controversé du parti post-fasciste au pouvoir Frères d’Italie permettant aux militants « pro-vie » d’entrer dans les cliniques où est pratiqué l’avortement.
L’amendement permet désormais aux autorités régionales d’autoriser des groupes « justifiant d’une expérience qualifiée en matière de soutien à la maternité » à accéder aux centres publics de soutien où les femmes qui envisagent d’avorter viennent chercher des conseils.
Des militants féministes et des députés de l’opposition se sont rassemblés devant le Sénat le jour de l’adoption de la loi, et les manifestations se sont étendues à plusieurs villes.
Silvia Roggiani, du Parti démocrate italien, a condamné l’amendement en déclarant : « La droite continue de montrer sa nature nostalgique et sa vision patriarcale et obscurantiste, cherchant à chaque fois à éroder les droits des femmes. Alors que d’autres pays avancent en matière de protection des droits des femmes, il est honteux que l’Italie fasse un pas en arrière ».
Mais le parti de Mme Meloni, à l’origine de l’amendement, le défend en affirmant qu’il donne aux femmes l’occasion de réfléchir avant de décider d’une grossesse, sans porter atteinte à leurs droits.
Une porte-parole de la Commission européenne a déploré le 19 avril que « le décret sur le Plan de relance contient certaines mesures […] qui n’ont aucun lien avec ce plan de relance, comme la loi sur l’avortement ».
Mme Meloni s’est elle-même engagée à ne pas modifier la loi sur l’avortement de 1978, même si, dans l’état actuel des choses, un accès facile à l’avortement n’est pas toujours garanti, les médecins italiens ayant le droit de faire usage d’une clause de conscience.
Selon les données du ministère de la Santé de 2021, plus de 60 % des gynécologues refusent de pratiquer des avortements, ce pourcentage atteignant près de 90 % dans certaines régions.