Jaume Duch, porte-parole du Parlement européen, devient ministre du nouveau gouvernement catalan
Jaume Duch, le porte-parole et directeur général de la Communication du Parlement européen, sera le ministre chargé de l’UE et de l’Action extérieure du nouveau gouvernement catalan, selon des sources du Parti des socialistes de Catalogne.
Jaume Duch, porte-parole et directeur de la Communication du Parlement européen, est nommé ministre chargé de l’Union européenne (UE) et de l’Action extérieure du nouveau gouvernement dirigé par Salvador Illa, le chef du Parti des socialistes de Catalogne (PSC), ont indiqué des sources du parti à EFE, un média partenaire d’Euractiv.
Fervent pro-européen et expert des institutions de l’UE, au sein de laquelle il a occupé plusieurs postes, Jaume Duch va apporter de précieux contacts au sein des institutions européennes au gouvernement de Salvador Illa.
Entre janvier 1997 et juillet 1999, Jaume Duch a été porte-parole du président du Parlement européen José María Gil-Robles (Partido Popular, Parti populaire européen) et conseiller au sein de son cabinet en matière de communication.
Il a également été responsable, au Parlement européen, de la formation des conventions qui ont préparé la Charte des droits fondamentaux de l’UE et élaboré le projet de Constitution européenne.
Avocat de formation, ancien professeur d’université et journaliste, il est depuis juin 2006 l’un des porte-parole du Parlement européen et a été nommé en février 2017 directeur général de la Communication, après avoir été directeur des médias de l’institution pendant plus d’une décennie.
Jaume Duch s’est porté candidat en 2022 au poste de secrétaire général du Parlement européen, le plus haut poste de l’institution. Une fonction qui a finalement été attribuée au chef de cabinet de la présidente du Parlement, Roberta Metsola, à la suite d’un processus de sélection controversé auquel s’étaient opposés les eurodéputés, le personnel du Parlement et certaines organisations internationales.
Jaume Duch s’est maintes fois exprimé en faveur de la reconnaissance du catalan comme langue officielle de l’UE, tout en mettant en garde contre le risque de la montée de l’extrême droite.
Il est également l’auteur de diverses publications et articles sur des questions relatives aux institutions et au droit européen.
Un retour au pays dans un contexte difficile
La nomination de Jaume Duch intervient alors que le socialiste Salvador Illa, qui a remporté les élections catalanes anticipées du 12 mai, a été contraint de négocier avec le parti séparatiste Gauche républicaine de Catalogne (ERC), ainsi qu’avec d’autres formations indépendantistes pour s’assurer une majorité de gouvernement.
En échange du soutien de ces partis, Salvador Illa a dû faire d’importantes concessions politiques et économiques, notamment pour accroître l’autonomie de la Catalogne.
Le nouveau président catalan a pris ses fonctions samedi 10 août au siège du gouvernement régional (Generalitat) de Barcelone, formant un exécutif principalement composé de technocrates, dans lequel Jaume Duch s’intègre parfaitement, compte tenu de sa carrière européenne.
De nombreux analystes ont suggéré ce lundi 12 août que le gouvernement Illa et ses seize « ministres » régionaux ouvrait une nouvelle ère pour la politique catalane.
La région, qui compte 7,5 millions d’habitants, est l’une des plus prospères d’Espagne et semble avoir pour un temps mis de côté ses velléités indépendantistes, loin des années de tensions avec Madrid.
Afin de consolider le dialogue avec le gouvernement espagnol, Salvador Illa a intégré dans son exécutif des membres de l’ERC et des anciens du parti nationaliste catalan désormais éteint Convergencia y Unión (CiU), auquel appartenait Jaume Duch.
Coup d’éclat de Carles Puigdemont
La cérémonie d’investiture de Salvador Illa a cependant été perturbée par la visite éclair de l’ancien président catalan Carles Puigdemont à Barcelone, à peine une heure avant que les députés ne votent pour élire leur nouveau président.
Carles Puigdemont, leader du parti séparatiste de droite Ensemble pour la Catalogne (JxCat), avait annoncé son intention d’assister à la session plénière du Parlement pour l’investiture de Salvador Illa, le premier président catalan non souverainiste depuis près de 15 ans.
Craignant d’être arrêté, Carles Puigdemont a finalement abandonné cette idée et s’est échappé du centre-ville de Barcelone à bord d’une voiture blanche appartenant à un agent de la police régionale, après avoir prononcé un discours devant quelque 3 500 de ses partisans.
Bien que sous le coup d’un mandat d’arrêt pour détournement de fonds et enrichissement illicite — deux crimes non couverts par la loi d’amnistie pour les séparatistes catalans récemment approuvée par le Parlement espagnol —, la police régionale catalane (Mossos d’Esquadra) n’a pas été en mesure de l’arrêter.
Carles Puigdemont, qui a réussi ce week-end à fuir vers Waterloo, près de Bruxelles, où il s’était déjà exilé après l’échec du référendum sur l’indépendance de la Catalogne en 2017, a pu échapper une nouvelle fois à la justice espagnole — vraisemblablement avec l’aide de certains policiers de la région.
Trois agents ont été arrêtés la semaine dernière pour leur implication présumée dans cette fuite.
« J’ai déjà dit que je n’ai jamais eu l’intention de me rendre volontairement [à la police] ou de faciliter mon arrestation, car je trouve inacceptable d’être persécuté pour des raisons politiques, sans compter que la loi d’amnistie n’est pas appliquée », a commenté Carles Puigdemont sur X.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]