Justice : la Hongrie demande la levée de l’immunité d’un eurodéputé de l’opposition

Le procureur général de Hongrie a demandé au Parlement européen de lever l’immunité de l’eurodéputé Péter Magyar, chef du parti Respect et liberté de centre droit (Parti populaire européen), pour un vol présumé de téléphone lors d’une soirée à Budapest.

/ EURACTIV.com
European Parliament session in Strasbourg
L'eurodéputé hongrois Péter Magyar assiste à une session plénière pour la présentation du programme d'activités de la présidence hongroise au Parlement européen à Strasbourg, France, 09 octobre 2024. [EPA-EFE/Christophe Petit Tesson]

Le procureur général de Hongrie a demandé au Parlement européen de lever l’immunité de l’eurodéputé Péter Magyar, chef du parti Respect et liberté de centre droit (Parti populaire européen, PPE), pour un vol présumé de téléphone lors d’une soirée à Budapest.

En juin dernier, Péter Magyar — nouvel opposant numéro un au Premier ministre Viktor Orbán — aurait pris le téléphone portable d’un homme qui l’avait enregistré dans une boîte de nuit. Et c’est pour ce fait que le procureur général hongrois, Péter Polt, a demandé en septembre dernier la levée de l’immunité parlementaire de l’eurodéputé.

Péter Polt est un proche de Viktor Orbán et un ancien membre du Fidesz.

Jeudi 10 octobre, la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a annoncé en séance plénière avoir reçu une demande formelle de Budapest afin de lever l’immunité de Péter Magyar.

Cette demande marque le début d’une procédure qui devrait durer plusieurs mois. La commission des Affaires juridiques du Parlement (JURI) examinera l’affaire et présentera une ébauche de rapport. La décision finale sera prise par un vote à main levée non enregistré en plénière.

Si le Parlement vote en faveur de la levée de l’immunité de Péter Magyar, les autorités judiciaires hongroises pourront intenter une action en justice contre ce dernier.

Péter Magyar, autrefois membre du Fidesz de Viktor Orbán, est devenu l’un des principaux détracteurs du gouvernement hongrois après la publication d’enregistrements impliquant de hauts fonctionnaires dans la falsification de preuves dans le cadre d’une affaire de corruption très médiatisée.

Le parti Respect et liberté de Péter Magyar est désormais dans l’opposition au Fidesz.

Selon un étude réalisée par Europe Elects en septembre, Respect et liberté recueillerait 36 % des voix en Hongrie, ce qui le place en deuxième position derrière le parti du Premier ministre.

Péter Magyar a rejoint le parti de centre droit Respect et liberté en 2021 et a été élu député européen lors des élections européennes de juin dernier.

Attaqué par l’appareil d’État

Péter Magyar a abordé la situation dans un message publié sur sa page Facebook le 29 septembre dernier. Dénonçant les attaques de l’État hongrois à son encontre, il a indiqué que le procureur général et le Premier ministre travaillaient de concert.

« Je suis dénoncé tous les jours et la moitié de l’appareil d’État s’efforce d’engager des poursuites pénales contre moi », a-t-il écrit.

« J’ai une proposition à faire : […] vous allez voter pour que la Hongrie rejoigne le Parquet européen. Et je lèverai mon immunité au moment de notre adhésion », ajoute-t-il. « Est-ce un accord, Monsieur le Premier ministre ? Voyons si vous ou moi allons aller en prison pour une longue période. »

La Hongrie a choisi de ne pas participé au projet de Parquet européen, chargé de poursuivre les crimes contre les intérêts financiers de l’UE, y compris l’utilisation abusive de fonds européens.

Interrogé sur la levée de l’immunité juridique de Péter Magyar, Viktor Orbán a souligné l’importance de la protection juridique des législateurs, déclarant que « c’est une bonne chose qui est nécessaire ».

Lors d’une conférence de presse avec des journalistes à Strasbourg mardi 8 octobre, Viktor Orbán a déclaré que la décision ne lui appartenait pas, mais que « c’est au Parlement européen de décider ».