L’Italie, nouvelle bête noire des marchés

Les taux d’intérêt de long terme de la dette italienne s’envolent. L’inquiétude des investisseurs sur l’avenir du pays est à son comble.

EURACTIV.fr

Les taux d’intérêt de long terme de la dette italienne s’envolent. L’inquiétude des investisseurs sur l’avenir du pays est à son comble.

Silvio Berlusconi s’était attiré les foudres des marchés dès cet été, avec ses allers retours sur les réformes à mettre en œuvre pour assainir les comptes publics du pays et redynamiser l’économie. Pour saper sa crédibilité, il ne pouvait pas faire mieux.

Aujourd’hui, l’incertitude politique est à son comble  : qui va pouvoir assurer la relève et saura regagner la confiance des marchés ?

Seuil critique

Le soulagement provoqué par l’annonce du prochain départ du président du Conseil italien n’aura été que de courte durée, cédant rapidement le pas à l’inquiétude. Les Bourses européennes étaient à nouveau dans le rouge, mercredi 9 novembre.

Les rendements des obligations d’État italiennes à 10 ans ont dépassé le seuil critique de 7%, frôlant même les 7,5% avant de revenir à 7,3% en milieu d’après-midi.

Les marchés ont à nouveau ouvert en forte baisse jeudi.

Troisième économie

Un rendement de 7% sur la dette souveraine de long terme est considéré comme insoutenable sur la durée, mettant en cause la solvabilité du pays.

La Grèce, l’Irlande et le Portugal ont été contraints de se tourner vers le FMI et les institutions européennes pour demander un soutien financier après que leurs taux aient franchis ce seuil.

Mais les conséquences d’une « mise sous perfusion » de l’Italie, troisième économie de la zone euro derrière la France et l’Allemagne, seraient d’une toute autre ampleur. Un enlisement du pays mettrait directement en cause la stabilité et la pérennité de la zone.   

Quatre prétendants

Les Echos publient la liste des quatre successeurs pressentis pour prendre la tête du gouvernement italien à la fin du mois.

Mario Monti, président de l’université Bocconi de Milan et ancien commissaire européen au Marché intérieur puis à la Concurrence, est décrit comme «l’homme idoine pour restaurer la crédibilité de l’Italie».

Giuliano Amato, ancien ministre des Finances et longtemps député, est une figure de proue de la principale formation d’opposition, le Parti démocratique. Il a également participé à l’élaboration de la nouvelle architecture de l’Union européenne en 2002.

Il y a aussi le Sicilien, Angelino Alfano, avocat de formation. Il se distingue des autres candidats par son jeune âge (41 ans) et son absence d’expérience à l’étranger. A la tête du parti de Berlusconi, le Peuple de la liberté, depuis le mois de juillet, il est le seul à avoir l’appui officiel de la Ligue du Nord, l’allié du gouvernement.

En ultime recours, il reste Gianni Letta, « l’homme lige du ‘Cavaliere’ depuis la nuit des temps », écrivent Les Echos. Ancien journaliste au quotidien romain « Il Tempo », il est surtout un fin diplomate.