L'Italie visée par une procédure de déficit excessif [FR]
En adoptant un rapport critique sur l'état des finances publiques italiennes, la Commission a déclenché la première étape d'une "procédure de déficit excessif" à l'encontre de Rome.
En adoptant un rapport critique sur l’état des finances publiques italiennes, la Commission a déclenché la première étape d’une « procédure de déficit excessif » à l’encontre de Rome.
S’appuyant sur les chiffres relatifs aux années 2003 et 2004 et aux prévisions pour 2005, la Commission souligne dans son rapport que le déficit italien « ne peut […] être considéré comme temporaire ». Elle estime par ailleurs qu’il ne résulte pas d’une situation « exceptionnelle », liée à une « circonstance inhabituelle indépendante de la volonté du gouvernement » ou à une « grave récession économique ». Enfin, le rapport souligne que le creusement du déficit budgétaire italien n’est pas dû à une hausse des investissements publics dans des secteurs tels que l’enseignement et la recherche. Sur la base de ces considérations, l’exécutif européen juge donc pleinement justifiée l’ouverture d’une procédure de déficit excessif à l’encontre de Rome.
Selon les prévisions de la Commission, le déficit budgétaire italien devrait encore se situer au-dessus du seuil de 3% du PIB en 2005 et 2006, et ce même en cas de fort rebond de la croissance. Ces projections sont comparables à celles effectuées par le gouvernement italien lui-même, souligne la Commission dans un communiqué de presse. Dans ce même communiqué, l’exécutif européen indique avoir « appliqué l’esprit du pacte révisé dans le contexte des règles en vigueur. »
L’Italie rejoint la France, l’Allemagne (où les chrétiens-démocrates ont estimé que le déficit budgétaire pourrait demeurer au-dessus du seuil des 3% du PIB jusqu’en 2007) et la Grèce sur la liste des pays de la zone euro visés par une procédure de déficit excessif. Le 7 juin dernier, les ministres des finances de la zone euro ont décidé de suspendre la procédure visant les Pays-Bas.
Les ministres des finances de la zone euro ont récemment dû monter au créneau pour défendre les mérites de la monnaie unique européenne, de plus en plus contestée en Italie – où la Ligue du Nord, formation appartenant à la coalition gouvernementale de Silvio Berlusconi, a demandé l’organisation d’un référendum posant la question d’un éventuel retour à la lire. Le ministre italien des finances Domenico Siniscalco a vivement réagi à une telle initiative : « L’euro est et demeurera la monnaie de l’Italie », a-t-il déclaré.