La BCE déterminée à ne pas laisser "s'incruster" l'inflation, déclare Christine Lagarde

La Banque centrale européenne (BCE), engagée dans un resserrement monétaire pour combattre l'inflation, doit tout faire pour empêcher que « s'incrustent » durablement les effets des hausses de prix, a déclaré mardi sa présidente, Christine Lagarde.

Informal Meeting of European Economic and Financial Affairs Ministers in Prague
European Central Bank Christine Lagarde (C) leaves after a family photo at the European Economic and Financial Affairs Ministerial Meeting in Prague, Czech Republic, 09 September 2022. EPA-EFE/MARTIN DIVISEK [<a href="https://www.epa.eu/photographers/martin-divisek" target="_blank" rel="noopener">MARTIN DIVISEK/EPA</a>]

La Banque centrale européenne (BCE), engagée dans un resserrement monétaire pour combattre l’inflation, doit tout faire pour empêcher que « s’incrustent » durablement les effets des hausses de prix, a déclaré mardi (20 septembre) sa présidente, Christine Lagarde.

Dans un environnement économique profondément bouleversé par les effets de la pandémie et de la guerre en Ukraine, « la politique monétaire ne peut empêcher les premiers effets de bon nombre de ces chocs. Mais elle peut garantir qu’ils ne s’incrustent pas. C’est ce que fait la BCE », a estimé Mme Lagarde dans un discours à Francfort.

« Nous ne laisserons pas cette phase d’inflation élevée influencer le comportement économique et créer un problème d’inflation durable », a ajouté le présidente de l’institution monétaire, reconnaissant que la hausse des prix dans la zone euro « s’est avérée beaucoup plus élevée et plus persistante que prévu initialement ».

Mme Lagarde estime que le double choc de la pandémie et de l’invasion russe de l’Ukraine « ont entraîné des tournants dans notre environnement économique », qui auront des conséquences persistantes sur la structure de l’offre et de la demande.

« La coupure des approvisionnements en gaz due à l’invasion russe est devenue un changement structurel majeur qui aura des ramifications pendant plusieurs années », a-t-elle notamment décrit, avec des prix des combustibles fossiles « susceptibles d’être plus élevés pendant un certain temps ».

« Si les prix de l’énergie sont durablement plus élevés pendant la transition, cela pourrait avoir un impact sur la production industrielle en Europe, affectant à la fois l’offre et les prix », analyse Mme Lagarde.

De la même façon, « la mondialisation est en train de changer », en raison des perturbations créées par la pandémie de Covid-19 qui a bouleversé les chaînes logistiques internationales.

« Bien que je doute que nous assistions à une démondialisation, les entreprises sont susceptibles de détenir des stocks plus élevés de manière permanente et de raccourcir leurs chaînes d’approvisionnement », explique l’ancienne ministre française. Autre conséquence selon elle : une possible « délocalisation de la production à forte intensité énergétique » hors de la zone euro.

Ces changements structurels de l’offre « sont un facteur important qui fait persister une inflation supérieure à l’objectif plus longtemps », a-t-elle admis.

L’inflation a atteint un record de 9,1% dans la zone euro en août.

En septembre, la BCE a franchi un pas historique en relevant d’un coup de 75 points de base ses taux directeurs, du jamais-vu depuis l’entrée en vigueur de l’euro.

La BCE entend poursuivre ces hausses de taux.

« L’ajustement du rythme des hausses de taux est un outil clé pour signaler notre détermination à remplir notre mandat et à contenir les anticipations d’inflation. Et aller plus vite au début du cycle de hausse traduit clairement notre engagement à ramener l’inflation à notre cible à moyen terme », autour de 2%, a assuré Mme Lagarde.