La « force de réaction aux crises » européenne effectue ses premiers exercices militaires

L’UE organise cette semaine pour la première fois des exercices militaires (MILEX) réels depuis la base navale de Rota, dans le sud de l’Espagne, dans le but de tester sa « force de réaction aux crises », récemment mise sur pied.

Euractiv.com
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La mission des 2 800 soldats, 25 aéronefs et six navires, accompagnés de ressources spatiales et cybernétiques ainsi que des forces d’opérations spéciales, consiste à mener avec succès une prise de contrôle du port à partir de la mer [[EBS]]

L’UE organise cette semaine pour la première fois des exercices militaires (MILEX) réels depuis la base navale de Rota, dans le sud de l’Espagne, dans le but de tester sa « force de réaction aux crises », récemment mise sur pied.

Une mise en situation dans un port prénommé « Debarkation » pour l’occasion, au sud de l’Espagne, doit permettre l’organisation des premiers exercices militaires de cette nouvelle force.

La mission des 2 800 soldats, 25 aéronefs et six navires, accompagnés de ressources spatiales et cybernétiques ainsi que des forces d’opérations spéciales, consiste à mener avec succès une prise de contrôle du port à partir de la mer, à en sécuriser les accès, puis à déployer des forces terrestres pour libérer des civils.

Le scénario fait partie du tout premier exercice militaire de gestion de crise de l’UE (MILEX23), qui se déroule pendant une semaine à la base navale de Rota, située à Cadix, dans le sud de l’Espagne.

Des unités et de troupes militaires de 19 États membres, dont l’Autriche, l’Espagne, la France, la Hongrie, l’Irlande, l’Italie, Malte, le Portugal ou encore la Roumanie, vont mettre à l’épreuve leur capacité à collaborer efficacement. Ils devront s’entraîner à stabiliser la situation, à évacuer, à secourir et à fournir de l’aide.

L’objectif est de tester la future capacité rapide de déploiement militaire de l’Union européenne, qui compte 5 000 personnes et qui a été établie par la boussole stratégique de l’UE, la première stratégie militaire de l’Union européenne, approuvée par les États membres en mars 2022.

« Nous parlons d’une nouvelle étape pour que l’UE soit en mesure de faire face aux crises actuelles, » a déclaré Josep Borrell, chef de la diplomatie de l’UE mardi (17 octobre), sur le pont du navire d’assaut amphibie espagnol « Juan Carlos I ».

Le programme de capacité rapide de déploiement se base sur des groupements tactiques déjà existants et crée une force tournante sur appel composée des forces armées des États membres. Cependant, en raison d’un manque de volonté politique, les États membres n’ont jamais déployé ces groupements dans une situation de crise, comptant plutôt sur l’alliance militaire de l’OTAN ou sur des coalitions ponctuelles.

Cependant, des événements récents ont renforcé les arguments en faveur d’une force européenne. La prise de contrôle de l’Afghanistan par les talibans et les retombées de l’évacuation chaotique de Kaboul ont mis en évidence la dépendance de l’Europe à l’égard de Washington.

Cette force devrait être totalement opérationnelle d’ici à 2025. Une fois mise en place, elle pourrait également être utilisée pour fournir une aide humanitaire, telle que celle dont la bande de Gaza a actuellement besoin, a déclaré M. Borrell à la presse.

« Si l’on veut protéger les civils et leur apporter un soutien, il faudra une grande capacité logistique et ce sera l’une des missions de cette capacité de déploiement, » a déclaré M. Borrell.

Stabilisation, sauvetage, évacuation, aide humanitaire

D’ici à 2025, l’UE espère mettre en place une capacité militaire de planification et de conduite pleinement opérationnelle, qui constituera la structure de commandement et de contrôle au niveau européen. Elle deviendra ainsi le véritable quartier général militaire de l’UE.

Les participants à l’exercice testeront la capacité européenne à réagir rapidement dans la première phase d’une opération de stabilisation.

« En pratique, cela signifie déployer des troupes pour rétablir l’ordre dans un environnement déstabilisé, » a déclaré M. Borrell.

La force a été mise en place pour être « modulable » et être utilisée dans différentes phases d’une opération.

« Nous testerons ainsi d’autres scénarios de déploiement potentiel de la capacité de déploiement rapide, tels que le sauvetage et l’évacuation, ou le soutien humanitaire et l’aide en cas de catastrophe, » a déclaré M. Borrell, évoquant les prochaines éditions de l’exercice MILEX.

La prochaine édition de l’exercice devrait avoir lieu au second semestre de 2024, « avec en particulier le soutien de l’Allemagne, » a annoncé M. Borrell.