La Hongrie demande la levée de l’immunité parlementaire de l’eurodéputée italienne Ilaria Salis

L’eurodéputée et militante antifasciste italienne Ilaria Salis (GUE/NGL) a expliqué dans un communiqué de presse, ce mardi 22 octobre, que la Hongrie avait demandé la révocation de son immunité parlementaire.

EURACTIV.com
European Parliament session in Strasbourg
L'eurodéputée italienne Ilaria Salis s'exprime après la présentation du programme d'activités de la présidence hongroise par le Premier ministre hongrois lors d'une session plénière au Parlement européen à Strasbourg, France, 09 octobre 2024. [EPA-EFE/Christophe Petit Tesson]

L’eurodéputée et militante antifasciste italienne Ilaria Salis (GUE/NGL) a expliqué dans un communiqué de presse, ce mardi 22 octobre, que la Hongrie avait demandé la révocation de son immunité parlementaire.

Durant plus d’un an, Ilaria Salis est restée enfermée dans une prison hongroise, accusée d’avoir voyagé jusqu’à Budapest en 2023 pour commettre des violences en marge d’une manifestation contre un rassemblement néonazi et d’appartenir à une organisation extrémiste.

Cette dernière avait finalement été libérée le 14 juin dernier de son assignation à résidence, quelques jours après avoir été élue eurodéputée sur la liste du parti Alleanza Verdi e Sinistra (AVS), et avoir obtenu l’immunité parlementaire.

Le militante avait attiré l’attention de la communauté internationale en janvier dernier, quand elle était apparue menottée dans la salle d’audience. Les autorités italiennes avaient à la même époque été obligées de réagir, après une lettre reçue par le consulat italien, qui décrivait l’insalubrité de la prison de Budapest où elle était emprisonnée.

Selon Ilaria Salis, la demande de la Hongrie de révoquer son immunité est aujourd’hui motivée par des considérations politiques. La militante avait prononcé un discours très dur contre les conditions d’emprisonnement en Hongrie, lors de la séance plénière du 10 octobre, et alors que Viktor Orbán présentait les priorités de la présidence hongroise du Conseil de l’UE.

À cette occasion, l’Italienne avait soulevé le cas d’un. militant.e allemand.e antifasciste et non binaire extradé.e d’Allemagne, et actuellement détenu.e en Hongrie. Ce.tte dernier.e est considéré.e comme un.e extrémiste de gauche et iel est soupçonné.e d’être impliqué.e dans des attaques contre des groupes d’extrême droite à Budapest, en février 2023.

Le Premier ministre hongrois avait alors répondu à Ilaria Salis qu’en Hongrie, les individus ne peuvent pas attaquer des gens dans la rue pour des raisons politiques et ensuite « venir au Parlement européen et dire : “Sortez-moi de prison parce que j’ai subi des lésions corporelles graves en tant que criminel en Hongrie”. C’est impossible ».

Mardi 22 octobre, la révélation de la demande de révocation de l’immunité de la militante a fait réagir le gouvernement hongrois. Zoltán Kovács, le porte-parole de Viktor Orbán, a déclaré sur X qu’Ilaria Salis avait été arrêtée et jugée pour « agressions armées contre des citoyens hongrois innocents », ajoutant que cette dernière n’est « ni une démocrate » ni « une martyre », mais une « vulgaire voyou ».

L’eurodéputée italienne a toujours nié les accusations portées contre elle.

La commission des Affaires juridiques du Parlement européen (JURI) va maintenant devoir examiner la demande hongroise et rédiger un rapport sur le sujet avant de voter sur sa recommandation, mais la décision finale sera prise lors d’un vote en session plénière.

« Ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement mon avenir, mais aussi et surtout l’avenir de ce que nous voulons que l’Europe soit, [un avenir] de plus en plus menacé par des forces politiques autoritaires », a-t-elle écrit dans un communiqué de presse.

Le 10 octobre dernier, le procureur général de Hongrie avait demandé au Parlement européen de lever l’immunité de l’eurodéputé hongrois Péter Magyar (Tisza/PPE), pour un vol présumé de téléphone lors d’une soirée à Budapest.

[Édité par Anna Martino et Laurent Geslin]