La taxe sur les transactions financières dans le collimateur des Anglo-saxons

Les profonds désaccords entre les ministres des Finances de l’UE ont conduit à un report de la décision. Les gouvernements européens trancheront au printemps l’avenir de la taxe.

EURACTIV.fr

Les profonds désaccords entre les ministres des Finances de l’UE ont conduit à un report de la décision. Les gouvernements européens trancheront au printemps l’avenir de la taxe.

A l’issue de la réunion des 27 ministres des Finances, le 8 novembre, deux camps se sont clairement dessinés. Le duo franco-allemand, appuyé par l’Espagne, fait face à la fronde des pays anglo-saxons, désormais très offensifs.

« Je suggérerais que nous enterrions cette idée », a asséné le ministre des Finances britannique, George Osborne.

« Il serait très coûteux, pour nos services financiers, que la taxe soit à Dublin mais pas à Londres », a averti son homologue irlandais, Michael Noonan, dont les propos ont été rapportés par the Irish Independent. L’impact sur l’emploi d’une telle mesure est notamment redouté.

« Voué à l’échec »

Sans prendre de gants, la Suède a estimé que le projet était « voué à l’échec », prédisant un impact négatif sur la croissance et mettant en doute le montant des recettes estimé par la Commission (57 milliards d’euros par an).

D’autres gouvernements se réfugient pour le moment dans l’attentisme, à l’instar d’Amsterdam, qui préfère attendre la position définitive de son Parlement national sur ce dossier.

Face au vent de contestation qui fait trembler ce projet, pourtant soutenu par le Parlement européen, les États se sont résignés à repousser leur décision. « Nous nous sommes entendus pour déterminer rapidement, au printemps, si (la taxe) avait un avenir », a indiqué le ministre des Finances allemand Wolfgang Schaüble.