L’Agence européenne pour l’environnement pointe les lacunes de la politique environnementale de l’UE

La biodiversité est en déclin, les ressources en eau sont soumises à une « forte pression » et 10 % des décès prématurés en Europe sont liés à la pollution de l’air, de l’eau, du sol, au bruit ou à des produits chimiques nocifs, révèle un nouveau rapport de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE).

EURACTIV.com
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Le rapport, intitulé L’environnement en Europe en 2025 et publié ce lundi 29 septembre, est l’analyse quinquennale phare de l’Agence européenne pour l’environnement. Il se penche sur les progrès réalisés par rapport aux objectifs politiques fixés par l’UE et vise à informer les décideurs politiques à Bruxelles et à guider les autorités nationales dans l’application des législations existantes.

Dans l’édition 2025 du rapport, l’AEE souligne que l’empreinte carbone de l’Europe diminue et que la qualité de l’air s’est quelque peu améliorée — mais ce sont là les seuls points positifs relevés. L’agence conclut que l’Union est loin d’atteindre son objectif de renverser la tendance à la perte de biodiversité, de lutter contre les risques croissants liés au dérèglement climatique, de réduire les impacts environnementaux sur la santé ou de mettre en place une « économie circulaire » durable.

« Des progrès significatifs ont été réalisés dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de la pollution atmosphérique, mais l’état général de l’environnement en Europe n’est pas bon », peut-on lire dans le communiqué accompagnant le rapport.

La vice-présidente de la Commission européenne, Teresa Ribera, a qualifié ces conclusions de « rappel brutal que l’Europe doit maintenir le cap et même accélérer ses ambitions en matière de climat et d’environnement ».

Cet avertissement intervient alors que la Commission supprime sur des éléments clés de la législation environnementale au nom de la compétitivité mondiale, dans le cadre de ce que la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a qualifié de « simplification » règlementaire.

Les émissions de gaz à effet de serre de l’Europe ont diminué de 37 % depuis 1990. Mais si ce résultat est supérieur à celui d’autres régions, l’AEE note que l’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement et qu’il est mal préparé à des catastrophes climatiques plus fréquentes et plus graves.

C’est toutefois dans la poursuite d’une économie circulaire — s’éloignant du modèle linéaire de production, de consommation et d’élimination des déchets, source de gaspillage et gourmand en ressources — que l’UE semble avoir le plus échoué.

« Le taux global d’utilisation des matériaux circulaires est passé d’un peu moins de 11 % en 2010 à 11,8 % en 2023 », a déclaré Catherine Ganzleben, responsable d’une unité de durabilité à l’AEE, qui a qualifié l’absence de progrès de « vraiment choquante » lors de la discussion du rapport avant sa publication.

Sur les 22 objectifs environnementaux et climatiques répertoriés dans le rapport, l’UE est en passe d’en atteindre seulement deux d’ici 2030.