Le débat s’intensifie sur l’inclusion du lobbying dans les rapports ESG des entreprises

Une ONG affirme que le lobbying contre les politiques environnementales devrait être inclus dans les rapports environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) des entreprises. Tout le monde n’est pas de cet avis.

EURACTIV.com
Alberto Alemanno
Alberto Alemanno, fondateur de l'ONG The Good Lobby. [European Parliament/Arnaud Devilliers]

Une ONG affirme que le lobbying contre les politiques environnementales devrait être inclus dans les rapports environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) des entreprises. Tout le monde n’est pas de cet avis.

Les critères ESG informent les investisseurs qui souhaitent investir dans des entreprises durables. Pourtant, selon un rapport de l’ONG The Good Lobby, ces comptes rendus ne donnent pas une image complète de la situation s’ils ne tiennent pas compte des efforts de lobbying déployés par les entreprises.

L’ONG indique que la plupart des initiatives ESG qu’elle suit négligent le rôle des activités des entreprises dans l’élaboration des politiques publiques. Selon elle, les rapports ne rendent pas compte de l’impact de ces activités d’influence sur les performances globales des entreprises en matière de développement durable.

Une entreprise peut ainsi obtenir de bons résultats en matière de mesures environnementales et sociales, tout en boycottant les progrès réalisés sur ces questions au niveau législatif, explique le fondateur de l’ONG, Alberto Alemanno.

Selon l’étude, cela est dû au fait que les fournisseurs de données ESG ne rassemblent ou ne présentent pas les données sur le lobbying de manière complète et transparente. Pour l’organisation, le lobbying devrait donc devenir une composante nécessaire des normes en matière de rapports d’entreprise.

Mais cette opinion n’est pas partagée par tout le monde. Pour Sofia Santos, PDG de la société de conseil en ESG Systemic, il y a une limite aux demandes de rapports obligatoires que la réglementation peut faire pour « forcer » les entreprises à être cohérentes, ouvertes et transparentes sur leurs intentions.

« Il y a toujours un moyen de contourner les problèmes », souligne-t-elle.

Si Sofia Santos reconnaît que « les notations ESG sont opaques », elle pense que les règles contre le greenwashing, comme celles actuellement en cours de négociation à Bruxelles, offrent une meilleure solution et forceront les entreprises à être plus transparentes.

[Édité par Alice Bergoënd]