Le Green Brief : ouverture imminente de la boîte de Pandore électrique
Bienvenue sur le Green Brief d’EURACTIV. Vous y trouverez les dernières actualités en matière d’énergie et d’environnement en provenance de toute l’Europe. Vous pouvez vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cliquant ici.
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L’année dernière, l’électricité est devenu un produit de luxe, un véritable gouffre financier pour les ménages et les entreprises de l’UE.
Sous la pression des pays de l’UE, la Commission européenne a ouvert la boîte de Pandore et prépare une réforme du marché… ce marché qui « nous a très bien servi », a déclaré Eero Ailio, conseiller au département Énergie de la Commission européenne, lors d’un récent événement EURACTIV.
Techniquement, le marché fonctionne, a-t-il expliqué, même s’il cause désormais du stress aux consommateurs.
Dès lors, comment réparer quelque chose qui n’est pas cassé et comment assurer la baisse des prix ? En stimulant, bien sûr, les énergies renouvelables — et pourquoi pas bas carbone — et en soutenant une plus grande capacité de stockage.
En somme, en ouvrant la boîte de Pandore, ce que certains États membres se refusent ou retardent.
La Grèce a pris les devants en demandant une réforme radicale dès juillet 2022, proposant un groupement des productions d’électricité propre et de cogénération à faible coût, couverte par des contrats de différence, et un marché distinct pour les autres combustibles fossiles, plus polluants et plus coûteux.
Début 2023, l’Espagne a également avancé des idées pour une révision majeure qui ferait passer l’UE à un système fortement dépendant des contrats de différence contrôlés par l’État, en particulier pour le secteur nucléaire et l’hydroélectricité.
De son côté, la France souhaite un accord rapide sur la réforme, affirmant que l’objectif doit être d’expulser les combustibles fossiles du marché.
« Nous [le gouvernement français] refusons que le prix de l’électricité soit dicté par le prix du gaz», a déclaré le ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire, en janvier à la presse française, ajoutant que «nous [le gouvernement français] mettrons tout notre poids politique dans la balance », a-t-il ajouté.
Objectif : une réforme « dans les six mois » rapporte une source du média Les Échos proche du dossier.
Ces pays sont désormais opposés à sept autres qui souhaitent une approche plus prudente. L’Allemagne, le Danemark, l’Estonie, la Finlande, le Luxembourg, la Lettonie et les Pays-Bas ont publié une lettre commune soutenant le dispositif actuel et exprimant leur scepticisme quant à l’extension des mesures d’urgence.
Berlin fait également pression pour une réforme beaucoup plus lente que des pays comme la France et l’Espagne.
Entre-temps, l’Irlande a présenté sa position, soutenant les accords à long terme, comme les contrats d’achat d’électricité et les contrats de différence, investissant dans davantage d’énergies renouvelables, trouvant des alternatives au gaz fossile pour les équilibrer et augmentant la protection des consommateurs.
L’Association finlandaise des utilisateurs d’énergie et des industries technologiques a proposé un moyen de créer une tarification stable sur les marchés à court terme sans procéder à un remaniement majeur.
L’idée est de continuer à fonctionner normalement, à l’exception des 10 % d’offres les plus chères déposées par les producteurs d’énergie, qui seraient automatiquement séparées par un algorithme et négociées séparément à leur prix moyen. Le prix moyen des 10 % et des 90 % combinés constituerait le coût payé par les acheteurs d’électricité sur le marché de gros, ce qui contribuerait à atténuer les pics de prix.
La Commission européenne devra marcher sur une corde raide entre les différents points de vue, en trouvant un moyen d’apaiser ceux qui souhaitent un changement radical tout en satisfaisant les plus conservateurs.
La boîte de Pandore ouverte, l’UE doit maintenant trouver collectivement le moyen de n’en tirer que le bien.
– Kira Taylor
Les principales actualités de la semaine
Pour approfondir
- EXCLU : l’Union française de l’électricité partage ses recommandations sur la réforme du marché européen – Paul Messad
- L’accord de diplomatie climatique de l’UE en suspens alors que le conflit nucléaire s’aggrave (en anglais) – Reuters
- Bruxelles lutte contre les impacts potentiels de la loi européenne sur la restauration de la nature (en anglais) – Nikolaus J. Kurmayer
- La pollution atmosphérique liée à la circulation dépasserait les limites fixées par l’OMS – Valentina Romano
- En 2022, la France est importatrice nette d’électricité pour la première fois en 42 ans – Paul Messad
- LEAK : le plan de réduction des émissions de l’UE touchera plus d’élevages que prévu – Natasha Foote
- Déchets mixtes : le tri serait essentiel pour atteindre les objectifs de l’UE en matière d’économie circulaire – Kira Taylor
- Crise énergétique : l’heure est aux solutions à long terme – Kira Taylor
L’actualité en bref
L’alliance mondiale de l’UE contre le changement climatique est un échec, selon les vérificateurs. L’alliance mondiale contre le changement climatique (AMCC), une initiative de l’UE lancée en 2007 pour soutenir les pays vulnérables, n’a pas donné de résultats significatifs, selon un rapport de la Cour des comptes européenne (CCE).
Alors qu’un financement total de 729 millions d’euros a été alloué à l’initiative, peu d’éléments indiquent que l’alliance a réussi à accroître la résilience des pays face au changement climatique, indique le rapport de la CCE.
« Nous avons constaté que l’initiative de l’AMCC a eu moins d’impact que ce qui avait été espéré et que le passage attendu du renforcement des capacités à des actions plus concrètes soutenant directement la population n’était pas systématique », a déclaré Hannu Takkula, le membre de la CCE qui a dirigé l’audit.
Selon le rapport, l’initiative n’a pas permis de mesurer les améliorations apportées à la situation des bénéficiaires et ne s’est pas suffisamment concentrée sur les besoins des personnes les plus touchées.
En outre, les fonds n’ont pas toujours atteint les bénéficiaires vulnérables visés, les actions répondant spécifiquement aux besoins des femmes étant insuffisantes, tandis que certaines activités étaient trop coûteuses pour les ménages les plus pauvres, expliquent les vérificateurs.
L’Alliance mondiale pour la lutte contre le changement climatique a été financée par l’instrument de coopération au développement et le Fonds européen de développement.
Pendant sa durée de vie, elle n’a pas réussi à attirer les fonds supplémentaires attendus des pays de l’UE et du secteur privé, mais la Commission n’a jamais révisé ses objectifs ambitieux initiaux malgré le déficit de financement, affirme le rapport.
Le rapport complet de la CCE est disponible ici.
(Valentina Romano | EURACTIV.com)
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Nouvelle cartographie des régions européennes les plus exposées aux risques climatiques. Les régions qui seront les plus touchées par les catastrophes naturelles causées par le changement climatique ont été identifiées dans une nouvelle analyse de la Cross Dependency Initiative (XDI).
L’analyse du « risque climatique intérieur brut » calcule le risque climatique physique pour l’environnement établi dans plus de 2 600 territoires dans le monde en 2050.
En tête de l’indice de risque figurent les régions de Chine et des États-Unis, mais l’Europe ne sera pas épargnée non plus.
Parmi les 100 premières régions figurent la Basse-Saxe en Allemagne, la Flandre en Belgique et Krasnodar en Russie. En Italie, la région de la Vénétie (où se trouve Venise) et la Lombardie figurent également dans le classement.
Le classement des risques climatiques intérieurs bruts compare les territoires en fonction des projections modélisées des dommages causés aux bâtiments et aux propriétés par des phénomènes météorologiques extrêmes et des risques liés au changement climatique, tels que les inondations, les vents extrêmes, la chaleur extrême et l’élévation du niveau de la mer.
Il s’agit du scénario couramment utilisé par la plupart des banques, des organismes de réglementation et autres pour évaluer le risque physique lié au changement climatique, explique XDI.
« Nous publions cette analyse en réponse à la demande des investisseurs pour des données sur le risque sous-souverain et régional. Les résultats montrent que les investisseurs devront être convaincus que l’Europe dispose de plans d’adaptation solides pour un certain nombre de villes et de comtés à haut risque au fur et à mesure que le changement climatique s’aggrave », a déclaré Rohan Hamden, PDG de XDI.
L’ensemble des données est disponible sur le site web de XDI.
(Valentina Romano | EURACTIV.com)
Agenda
FÉVRIER
- 27 et 28 FÉVRIER. Réunion informelle des ministres de l’Énergie et des Transports du bloc.
- 27 FÉVRIER – 1 MARS. Le sommet mondial sur les océans «World Ocean Summit».
MARS
- 2 et 9 MARS. Négociations interinstitutionnelles (trilogues) sur la révision de la directive sur l’efficacité énergétique (EED).
- 14 MARS. Révision des règles du marché intérieur de l’électricité de l’UE.
- 14 MARS. Loi sur l’industrie à zéro émission – Loi européenne sur les matières premières critiques.
- 16 MARS. Conseil « Environnement ».
- 22 MARS. Paquet « Consommateurs » :
Justification des allégations environnementales
Consommation durable des biens — promouvoir la réparation et la réutilisation (le droit à la réparation) - 22 – 24 MARS. Conférence des Nations unies sur l’eau, New York.
- 23 et 24 MARS. Conseil européen.
- 28 MARS. Conseil « Énergie ».
AVRIL
- 18 et 19 AVRIL. Réunion informelle des ministres de l’Environnement.
MAI
- 17 MAI. Proposition de Banque européenne de l’hydrogène.
- 17 MAI. Mesures visant à réduire les rejets de microplastiques dans l’environnement.
JUIN
- JUIN. Vote en plénière du Parlement européen sur la loi européenne sur la restauration de la nature.
- 6-7 JUIN. Semaine verte de l’UE.
- 19 JUIN. Conseil « Énergie ».
- 20 JUIN. Conseil « Environnement ».
- 21 JUIN. Paquet pour un fret plus vert.
- 29 et 30 JUIN. Conseil européen.
- 30 JUIN. Date limite pour la mise à jour par les États membres européens de leurs plans nationaux pour l’énergie et le climat (PNEC) révisés
DEUXIÈME SEMESTRE 2023
- Q4. Révision du règlement Enregistrement, évaluation, autorisation et restriction des substances chimiques (règlement REACH).
- 26 et 27 OCTOBRE. Conseil européen.
- 30 NOVEMBRE—12 DÉCEMBRE. Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP28), Dubaï.
- 14 et 15 DÉCEMBRE. Conseil européen
[Édité par Paul Messad]