Le ministre allemand de l’Agriculture satisfait des remarques de la Commission sur son plan stratégique national
Dans son rapport d’observation sur le plan stratégique national (PSN) de l’Allemagne, la Commission européenne a formulé des critiques importantes et a appelé à une plus grande protection de l’environnement et du climat.
Dans son rapport d’observation sur le plan stratégique national (PSN) de l’Allemagne pour la mise en œuvre de la réforme agricole de l’UE, la Commission européenne a formulé des critiques importantes et a appelé à une plus grande protection de l’environnement et du climat. Le ministre allemand de l’Agriculture, Cem Özdemir, se félicite toutefois de ces remarques.
« Pour l’instant, je suis reconnaissant du fait que la Commission a fait des propositions constructives dans sa lettre d’observation », a déclaré M. Özdemir avant la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE qui s’est tenue à Bruxelles mardi (24 mai).
Au cours des dernières semaines et des derniers mois, l’exécutif européen a envoyé des lettres d’observation à tous les États membres qui avaient soumis à Bruxelles leurs plans stratégiques nationaux pour la mise en œuvre de la réforme de la Politique agricole commune (PAC).
Dans ces plans, les États membres ont pu exposer la manière dont ils envisagent d’atteindre les objectifs fondamentaux de la réforme de la PAC au niveau national.
Le ministre allemand a réagi à la lettre de la Commission sur un ton totalement différent de celui de certains de ses homologues d’autres États : l’ex-ministre français de l’Agriculture, Julien Denormandie, avait réagi aux critiques sévères de la Commission à l’égard de son PSN par une lettre de réponse dans laquelle il avait rejeté une grande partie des mises en garde.
En revanche, M. Özdemir a indiqué sur Twitter qu’il allait « discuter attentivement des suggestions de la Commission avec les États fédéraux ».
« Je vois cela comme un encouragement à opérer la transformation vers une agriculture résiliente et durable, ici aussi en Allemagne », a-t-il ajouté depuis Bruxelles.
Un vent de fraîcheur pour le nouveau gouvernement
La récente entrée en fonction de M. Özdemir et la cohérence des observations avec les objectifs de son ministère sont probablement des facteurs qui expliquent pourquoi la lettre de la Commission a été accueillie positivement.
Le plan stratégique allemand a été en grande partie rédigé par son prédécesseur conservateur, l’ex-ministre de l’Agriculture Julia Klöckne, et M. Özdemir n’a pas vraiment eu le temps d’y apporter des changements après son entrée en fonction en décembre 2021.
Les critiques de Bruxelles lui donnent maintenant l’occasion d’apporter ses modifications au travail réalisé par le gouvernement précédent et en même temps de suivre potentiellement sa propre voie en coopération avec la Commission.
« Nous aussi, nous voyons des possibilités d’amélioration pour [le plan stratégique national allemand de] la PAC 2023-27 rédigé par le gouvernement précédent », a affirmé M. Özdemir sur Twitter au sujet de la lettre de la Commission.
En outre, le contenu de bon nombre des questions clés signalées par Bruxelles correspond aux priorités politiques du ministère de l’Agriculture actuel, dirigé par les Verts — notamment parce que la Commission attend de l’Allemagne qu’elle soit plus ambitieuse dans la mise en œuvre du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal), la stratégie phare de l’UE pour la protection de l’environnement et du climat.
« Les commentaires de Bruxelles vont dans le sens de ce sur quoi nous travaillons intensivement, à savoir faire progresser la sécurité alimentaire, la protection du climat et la biodiversité ensemble et ne pas les voir comme des opposés », a déclaré M. Özdemir au sujet de la lettre de l’exécutif européen.
Dans ce contexte, le ministre écologiste peut espérer voir sa position renforcée lors des prochaines discussions sur les changements possibles du PSN allemand avec les parties prenantes du secteur agricole, mais aussi avec les États fédéraux, dont il dépend de l’approbation en ce qui concerne la PAC.
Obtenir une certitude concernant la planification
Récemment, des désaccords ont éclaté entre le ministre et nombre de ses collègues des Länder sur la question de savoir si les terres en jachère — ce que l’on appelle les zones écologiques prioritaires — devaient être défrichées pour la production, compte tenu de la guerre en Ukraine.
« Je conseille à tout le monde de regarder attentivement ce que la Commission a dit », a souligné Özdemir à Bruxelles. « En principe, ce n’est rien d’autre que la voie que j’ai choisie, c’est-à-dire qu’en ce qui concerne les surfaces d’intérêt écologique, j’adopte une approche pragmatique et modérée. »
La coordination du plan stratégique de la PAC devrait maintenant se faire rapidement. Le ministère de l’Agriculture prévoit un échange avec les États fédéraux sur les détails techniques cette semaine et les fédérations agricoles ainsi que les États fédéraux seront invités à d’autres consultations avant la fin du mois de mai.
L’objectif du ministère est de faire approuver le PSN modifié par la Commission européenne d’ici l’automne de cette année.
L’Association des agriculteurs allemands, entre autres, avait demandé à plusieurs reprises que le plan soit rapidement finalisé et approuvé afin d’offrir une sécurité de planification aux agriculteurs.
À Bruxelles, M. Özdemir a également souligné que toute nouvelle modification du plan allemand doit être évaluée en fonction de cette contrainte de temps. Donnons des certitudes aux agriculteurs allemands, et cessons de changer de changer d’avis contamment, a-t-il ajouté.