Les agriculteurs slovènes protestent contre une législation rédigée par des « écologistes radicaux »
Plusieurs milliers d’agriculteurs se sont rassemblés, mardi (25 avril), dans la capitale slovène pour la deuxième manifestation en l’espace d’un mois afin de protester contre les restrictions environnementales et autres imposées au secteur agricole.
Plusieurs milliers d’agriculteurs venus de tout le pays se sont rassemblés, ce mardi (25 avril), dans la capitale slovène pour la deuxième manifestation en l’espace d’un mois afin de protester contre les restrictions environnementales et autres imposées au secteur agricole.
Les agriculteurs slovènes affirment que la situation est devenue insupportable pour le secteur agricole du pays en raison des restrictions environnementales, des charges fiscales et de la législation déraisonnable « rédigée par des écologistes radicaux loin des exploitations agricoles ».
« Nous en avons assez », a déclaré Anton Medved, président du syndicat des agriculteurs slovènes, lors de la manifestation à Ljubljana. « Nous demandons au gouvernement de créer des conditions permettant aux agriculteurs de survivre grâce aux terres slovènes ».
Ce rassemblement — au cours duquel pas moins de 1 500 tracteurs ont été aperçus — fait suite à la manifestation du 24 mars, à l’issue de laquelle un groupe de travail a été constitué avec le gouvernement pour mener des négociations. Les agriculteurs ont quitté les négociations après seulement deux semaines, mécontents de l’absence de progrès.
La goutte d’eau qui a fait déborder le vase et qui les a poussés à organiser une nouvelle manifestation est une proposition de loi déposée par la coalition au pouvoir qui permettrait aux défenseurs des droits des animaux d’agir en tant que conseillers agréés en matière de protection des animaux et d’inspecter les exploitations agricoles.
Les principales revendications des agriculteurs portent sur l’adaptation des nouvelles règles environnementales, la réduction des zones Natura 2000, l’absence de nouvelles taxes, des règles claires et simples et l’adaptation des paiements directs à l’inflation.
Ils souhaitent également voir diminuer les populations de carnivores, qui sont une menace pour l’élevage, que les terres agricoles de premier choix soient protégées par la loi, et que l’élevage soit considéré comme la base d’une agriculture durable. En outre, les agriculteurs demandent instamment que la proposition de règlement européen sur l’utilisation durable des produits phytopharmaceutiques soit supprimée au niveau national.
« Puisque notre voix n’est pas entendue […] et que le public perçoit les organisations agricoles comme étant d’accord avec de nombreuses mesures législatives restrictives, il n’y a pas d’autre moyen pour nous que de nous exprimer haut et fort », a déclaré M. Medved.
La ministre de l’Agriculture, Irena Šinko, a déclaré que les agriculteurs avaient le droit de protester, mais elle estime qu’il est possible de parvenir à un accord dans le cadre des discussions que le gouvernement souhaiterait avoir après les vacances du 1er mai.
Les solutions qu’elle a évoquées comprennent la possibilité de mettre en œuvre volontairement des régimes de protection dans les zones Natura 2000 cette année ainsi que des quotas d’abattage d’animaux sauvages plus élevés pour les deux prochaines années.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]