Les anti-euro en retrait depuis un an, selon Draghi

Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, estime que la voix des anti-euro, qui portait loin il y a un an après le Brexit, ne représentait aujourd'hui à peine plus que « des chuchotements ».

EURACTIV.fr avec l'AFP
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Mario Draghi se réjouit du recul des rhétoriques anti-euro. [<a href="https://www.shutterstock.com/fr/image-photo/milan-italy-steptember-27-mario-draghi-189029030?src=WB0T8xYTtDGApZmivGOS0w-1-5" target="_blank" rel="noopener">[Miqu77/Shutterstock]</a>]

Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, estime que la voix des anti-euro, qui portait loin il y a un an après le Brexit, ne représentait aujourd’hui à peine plus que « des chuchotements ».

En ouverture de la quatrième édition du forum annuel de la Banque centrale européenne (BCE) à Sintra, près de Lisbonne, Mario Draghi a souligné « la grande différence » du climat économique et politique par rapport à celui qui entourait la conférence il y a un an, alors que le Royaume-Uni venait tout juste de se prononcer, via un référendum, en faveur du Brexit.

« J’avais parlé de tristesse et nous avions en outre une croissance faible et une grande incertitude politique […] Les anti-euro, opposants au projet européen, bien que représentant toujours la minorité des citoyens en Europe, donnaient de la voix comme jamais », a rappelé le banquier italien.

« Depuis, la majorité silencieuse en Europe a retrouvé sa voix: l’horizon économique s’est amélioré et les cris en faveur de la disparition de l’UE et de l’euro sont désormais à peine plus audibles que des chuchotements », a-t-il estimé.

Si les problèmes économiques de la zone euro n’ont pas tous disparu, la croissance « est désormais plus robuste », dans la mesure aussi où « la politique monétaire a joué son rôle » pour soutenir l’économie, a poursuivi le premier gardien de l’euro. Le problème auquel est confrontée la zone euro tient aux scories laissées par la crise financière. La productivité n’augmente plus comme auparavant, et ce surtout dans le contexte d’une société vieillissante, a-t-il ajouté.

Selon lui, la question à se poser désormais est « comment rendre cette croissance soutenable et moins dépendante d’un soutien de la politique monétaire ». Il revient aux participants du forum d’y répondre les 27 et 28 juin. Loin de la métropole financière de Francfort, la BCE réunit banquiers centraux, universitaires et analystes de banque à Sintra, dans un hôtel luxueux niché dans la verdure.

Outre Mario Draghi, on compte parmi les intervenants plusieurs membres de son directoire et le professeur au Collège de France, Philippe Aghion, inspirateur du programme économique du nouveau président français, Emmanuel Macron, élu à une large majorité sur un programme libéral pro-européen.