Les lourdes conséquences du manque de soins post-AVC en Europe

La majorité des pays européens ne dispose pas de plan de prise en charge pour les survivants d’accidents vasculaires cérébraux, et manque ainsi une occasion d’alléger un fardeau qui pèse sur des systèmes de santé déjà très sollicités.

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This article is part of our special report "Explorer les parcours de soins pour les survivants d’accidents vasculaires cérébraux dans l’UE"
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L’absence de « parcours de soins intégrés », comme on les appelle, pour les survivants d’accidents vasculaires cérébraux dans toute l’Europe entraîne des coûts supplémentaires considérables pour les sociétés, en plus des coûts liés aux soins hospitaliers spécialisés. [<a href="https://www.shutterstock.com/da/image-illustration/x-ray-illustration-brain-stroke-3d-2122986569" target="_blank" rel="noopener">[Shutterstock: peterschreiber.media]</a>]

La majorité des pays européens ne dispose pas de plan de prise en charge pour les survivants d’accidents vasculaires cérébraux, et manque ainsi une occasion d’alléger un fardeau qui pèse sur des systèmes de santé déjà très sollicités.

Un accident vasculaire cérébral survient lorsque l’irrigation sanguine du cerveau est bloquée, ce qui endommage les tissus cérébraux. Selon l’Alliance des AVC pour l’Europe (SAFE), plus de 750 000 personnes en Europe souffrent chaque année de cette condition potentiellement mortelle — un nombre qui devrait augmenter de 35 % sur la période 2017-2050.

Un AVC peut avoir des effets durables sur la santé et le bien-être d’une personne, tels que des handicaps dus à des lésions cérébrales. Les survivants d’AVC risquent également de subir un deuxième AVC ou une autre urgence médicale, telle qu’une insuffisance cardiaque.

Selon la SAFE et l’Organisation européenne pour les AVC (ESO), c’est à la suite d’un premier AVC que la majorité des pays européens ne parviennent pas à assurer des parcours de soins adéquats pour les survivants, ce qui peut avoir un impact important sur leur vie, car ils ont souvent du mal à reprendre leur activité professionnelle.

La SAFE et l’ESO ont piloté le Plan d’action AVC pour l’Europe, lancé en 2018, qui vise à encourager tous les pays à disposer d’un plan national financé entièrement complet, allant de la prévention primaire à un programme pour la vie après l’AVC.

La directrice générale de SAFE, Arlene Wilkie, a déclaré à Euractiv que de nombreux pays se débrouillent bien en termes de campagnes de sensibilisation à la prévention et de soins aigus, mais peinent à prendre en compte les soins post-AVC, qui devraient couvrir une gamme étendue de soutien, comme le soutien psychologique, l’ergothérapie, les soins sociaux, le logement et la reprise du travail.

« C’est après avoir quitté l’hôpital, que la situation se complexifie », explique Mme Wilkie.

« Tous ces éléments sont des composantes individuelles et ne sont pas bien reliés entre eux », a-t-elle poursuivi, ajoutant que la plupart des gens disent avoir quitté l’hôpital « dans le néant ».

L’absence de « parcours de soins intégrés », comme on les appelle, pour les survivants d’accidents vasculaires cérébraux dans toute l’Europe entraîne des coûts supplémentaires considérables pour les sociétés, en plus des coûts liés aux soins hospitaliers spécialisés.

Mme Wilkie affirme que « le coût économique de l’inaction face à l’AVC est vraisemblablement supérieur à ce que les gouvernements dépenseraient en agissant pour combattre cette affection », mais le manque de données sur la vie des personnes après un AVC entrave le calcul des coûts économiques réels.

Les initiatives européennes

L’action concrète sur l’AVC et la mise en place de parcours de soins intégrés relèvent de la compétence des différents États membres.

Toutefois, au niveau de l’UE, la Commission européenne a lancé l’initiative européenne sur les maladies non transmissibles (MNT) en 2021. L’AVC est inclus dans cette initiative, qui propose « d’améliorer les soins intégrés et les parcours de réadaptation pour les patients victimes d’un AVC ».

Selon un porte-parole de la Commission, l’initiative MNT aide globalement les pays ayant des difficultés et des solutions similaires à instaurer « des pratiques exemplaires et des politiques ambitieuses. »

« En fait, le travail de collaboration entre les États membres est essentiel à cet égard. Cela peut inclure des mesures visant à améliorer la vie des patients après un accident vasculaire cérébral », a déclaré le porte-parole à Euractiv.

Tudor Ciuhodaru, un eurodéputé socialiste de la commission de la santé et de l’environnement (ENVI) et de la sous-commission de la santé publique (SANT) du Parlement européen, qui a précédemment travaillé comme médecin urgentiste, pense que l’initiative sur les MNT est un pas en avant, mais que l’UE peut faire davantage pour aider les États membres dans la prise en charge des survivants d’accidents vasculaires cérébraux.

Il est convaincu qu’il serait utile d’encourager la création, au niveau européen, de bureaux post-AVC, mis en place par les États membres pour aider les patients à s’orienter tout au long de l’après AVC.

« Ces bureaux fourniraient toute l’assistance nécessaire au patient post-AVC en un seul endroit, ainsi qu’une orientation et une évaluation thérapeutique plus approfondies. De cette façon, le temps d’intervention sera réduit et les résultats de l’approche thérapeutique seront maximisés », a expliqué M. Ciuhodaru à Euractiv.

Des soutiens divers

Selon Mme Wilkie, il est trop tôt pour savoir quel sera l’impact de l’initiative de l’UE sur les maladies non transmissibles. Elle espère toutefois que les problèmes seront davantage pris en compte à mesure que l’initiative sur les maladies non transmissibles progressera.

Certaines parties de l’initiative de l’UE sur les MNT axées sur les accidents vasculaires cérébraux s’appuient sur le Plan d’action AVC pour l’Europe. En mettant l’accent sur les plans nationaux couvrant les AVC, de la prévention aux soins post-AVC, tant au niveau de l’UE qu’au niveau local, Mme Wilkie espère que les gouvernements en feront bientôt une priorité.

« Nous espérons qu’en fin de compte, les États membres accorderont plus d’importance à l’AVC et qu’ils chercheront à développer des plans nationaux de lutte contre cette condition dans leur pays », a-t-elle conclu.