La Commission reproche à la Finlande d'avoir enfreint les règles budgétaires de l'UE

Selon le commissaire européen à l'économie, Valdis Dombrovskis, l'augmentation rapide des dépenses militaires de la Finlande n'explique qu'en partie, la hausse de son déficit.

EURACTIV.com
Extreme cold weather in Helsinki
Vue aérienne des routes enneigées pendant une vague de froid extrême à Helsinki, en Finlande, le 23 avril 2024. [Alessandro Rampazzo/Anadolu via Getty Images]

La Commission européenne a formellement réprimandé la Finlande pour avoir enfreint les règles budgétaires de l’UE, alors que la faiblesse de la consommation et l’incertitude géopolitique alimentée par la guerre de la Russie en Ukraine aggravent les sombres perspectives économiques du pays nordique.

La décision de Bruxelles de recommander l’ouverture d’une « procédure de déficit excessif » (PDE) à l’encontre d’Helsinki — qui pourrait théoriquement conduire à des sanctions financières — intervient une semaine seulement après avoir prédit que le déficit de la Finlande atteindrait 4,5 % du PIB annuel cette année, soit bien plus que les 3,7 % prévus en mai.

Neuf autres États membres, dont la France, l’Italie et la Pologne, font actuellement l’objet d’une PDE pour avoir enfreint le seuil budgétaire de 3 % fixé par l’UE. Le ratio dette/PIB de la Finlande (88,4 %) est également bien supérieur à la limite officielle de 60 % fixée par l’Union européenne, bien qu’il soit proche de la moyenne de la zone euro (88,2 %).

Cependant, le commissaire européen à l’économie, Valdis Dombrovskis, a déclaré que l’explosion du déficit de la Finlande — qui n’a atteint que 0,9 % en 2022 — « ne peut pas être entièrement expliquée » par l’augmentation rapide des dépenses militaires provoquée par l’invasion totale de l’Ukraine par la Russie il y a plus de trois ans.

Selon lui, la Commission « doit reconnaître » les « circonstances exceptionnelles » de la Finlande, avec la guerre de la Russie qui sape la confiance des investisseurs et des consommateurs et qui fait que l’une des économies les plus dynamiques de l’UE souffre d’un taux de croissance économique anémique.

La décision d’Helsinki de fermer sa frontière terrestre avec la Russie — qui a entraîné une forte baisse du tourisme — a encore freiné la croissance, a expliqué M. Dombrovskis.

Selon les dernières prévisions de la Commission, la croissance du PIB de la Finlande devrait ralentir à seulement 0,1 % cette année, contre 0,4 % en 2024 et bien en deçà de l’expansion moyenne de 1,4 % prévue par l’Union européenne.

La décision de mardi était largement anticipée par les fonctionnaires finlandais, la ministre des finances Riikka Purra ayant affirmé la semaine dernière que le déficit élevé du pays signifiait qu’il était « très clair » qu’Helsinki finirait par être frappée par une PDE.

Corroborant l’évaluation de la Commission, Mme Purra a fait remarquer que le déficit élevé d’Helsinki n’est pas le résultat d’une augmentation des dépenses de défense. Il est plutôt dû, selon elle, à « la faible évolution des recettes », y compris « l’augmentation rapide des dépenses de protection sociale » et des versements de prestations.

Dans son rapport national de la semaine dernière, la Commission a indiqué que la faiblesse de la consommation avait limité les recettes de TVA pour le gouvernement de coalition de droite d’Helsinki, tandis que le taux de chômage élevé a encore réduit les recettes de l’impôt sur le revenu. Le taux de chômage en Finlande (5 millions d’habitants) est actuellement de 9,8 %, soit le deuxième taux le plus élevé de l’UE, après l’Espagne (49 millions d’habitants).

En réponse à l’annonce de la Commission plus tard dans la journée de mardi, Mme Purra a confirmé que la nouvelle « n’était pas une surprise ».

Cet article a été mis à jour.