Les parties prenantes réclament un marché des probiotiques uniformisé

L’industrie européenne des probiotiques est actuellement pénalisée par un marché intérieur « fragmenté » qui sème la confusion dans l’esprit des consommateurs et fausse les règles du jeu pour les entreprises. C’est ce qu’affirment les parties prenantes, qui appellent à une harmonisation de la règlementation.

Euractiv.com
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Les probiotiques sont des micro-organismes vivants dont on pense qu’ils ont des effets bénéfiques lorsqu’ils sont consommés, généralement en améliorant ou en restaurant le microbiome intestinal et la flore bactérienne et en renforçant le système immunitaire. [<a href="https://www.shutterstock.com/image-photo/probiotic-yogurt-magnifying-glass-molecules-jars-2101280404" target="_blank" rel="noopener">[SHUTTERSTOCK]</a>]

L’industrie européenne des probiotiques est actuellement pénalisée par un marché intérieur « fragmenté » qui sème la confusion dans l’esprit des consommateurs et fausse les règles du jeu pour les entreprises. C’est ce qu’affirment les parties prenantes, qui appellent à une harmonisation de la règlementation.

Les probiotiques sont des micro-organismes vivants dont on pense qu’ils ont des effets bénéfiques lorsqu’ils sont consommés, généralement en améliorant ou en restaurant le microbiome intestinal et la flore bactérienne et en renforçant le système immunitaire.

Le potentiel des probiotiques pour la santé humaine a récemment fait couler beaucoup d’encre, ce qui a entraîné un véritable essor des yaourts probiotiques, des boissons fermentées et des compléments alimentaires à base de probiotiques.

La valeur au détail du marché européen des probiotiques est ainsi passée de 8,6 milliards d’euros en 2018 à 9,4 milliards d’euros en 2021, mais l’industrie reste confrontée à un marché fragmenté, selon les parties prenantes.

D’après Lasse Hamilton Heideman, membre de la plateforme Fit4Future, qui œuvre pour aider la Commission à simplifier la législation de l’UE, cette situation s’explique par le manque de clarté de la législation.

Selon un avis récemment publié par la plateforme, dans l’état actuel des choses, environ un tiers des États membres autorisent l’étiquetage des produits alimentaires sous le nom de « probiotiques », tandis que d’autres considèrent que les probiotiques englobent une catégorie de nutriments qui doivent obligatoirement figurer sur l’étiquette sous les compléments alimentaires.

Les différentes interprétations et administrations au sein des États membres créent une « fragmentation étrange pour laquelle il ne semble pas y avoir de bonne explication si ce n’est le manque de clarté de la législation ». C’est ce qu’il a déclaré au cours d’un récent événement organisé par EURACTIV lors duquel il a souligné que les États membres « allaient dans des directions différentes » pour ce qui est de l’interprétation.

De même, Esben Laulund, président de l’International Probiotics Association Europe, a souligné la nature fragmentée du marché intérieur actuel de l’UE.

« Il existe des lignes directrices italiennes, de nouvelles lignes directrices en Espagne, certains pays se sont ouverts aux compléments alimentaires, sauf pour les denrées alimentaires, comme le Danemark, et ainsi de suite. C’est donc un marché très fragmenté que nous étudions », a-t-il déclaré.

Il a également noté que l’UE est en retard par rapport à de nombreux autres pays, dont le Canada, le Mexique et l’Argentine, qui ont déjà pris des mesures pour définir les règles applicables aux probiotiques.

Du point de vue de l’industrie, il est difficile de « s’assurer que nous faisons les choses correctement » et de créer la confiance entre l’industrie et les consommateurs, qui sont nombreux à réclamer de la clarté.

Dans une enquête menée par l’association auprès de consommateurs en 2022, il a noté que près de 80 % des personnes interrogées ont déclaré qu’elles aimeraient être informées sur l’étiquette d’un produit alimentaire si celui-ci contient des probiotiques.

« Les probiotiques, qu’on le veuille ou non, relèvent du domaine public et nous devons nous assurer que […] nous pouvons les utiliser », a-t-il déclaré, soulignant que « le génie est sorti de [sa lampe] et qu’on ne peut pas l’y remettre ».

Cependant, Danai Spentzou, assistante accréditée au bureau de l’eurodéputé grec Stelios Kympouropoulos, a appelé à la prudence lorsqu’il s’agit d’envisager une mise à jour de l’actuel règlement.

Pour Danai Spentzou, si autoriser l’utilisation du terme « probiotique » peut être bénéfique pour les consommateurs afin de les aider à choisir le produit qui leur convient, il faut veiller à ce que ce terme soit étayé par des preuves scientifiques rigoureuses et qu’il ne soit pas trompeur.

« Il est important pour le consommateur qui utilise ce terme [qu’il] soit réellement reconnu et approuvé scientifiquement que ce produit aide vraiment [à résoudre] ces problèmes de santé », a déclaré Mme Spentzou, précisant que les probiotiques vendus en pharmacie diffèrent de ceux que l’on trouve dans les barres de céréales ou dans d’autres denrées alimentaires.

Cet article a été rédigé à la suite du débat politique organisé par EURACTIV et soutenu par l’International Probiotics Association Europe : « Les probiotiques en Europe — comment une meilleure règlementation peut renforcer la connaissance des probiotiques au profit de la santé des consommateurs ? ».