Les Patriotes dénoncent l’entrave à l’accession des vice-présidences du Parlement européen
Les eurodéputés ont élu mardi (16 juillet) les vice-présidents du Parlement européen, choisissant de tenir les familles politiques d’extrême droite à l’écart de ces postes afin de maintenir le cordon sanitaire.
Les eurodéputés ont élu mardi (16 juillet) les vice-présidents du Parlement européen, choisissant de tenir les familles politiques d’extrême droite à l’écart des postes de vice-présidents afin de maintenir le cordon sanitaire.
Mardi soir, les eurodéputés ont voté à bulletin secret pour élire les 14 vice-présidents de l’hémicycle européen pour la législature à venir (2024-2029). Des députés de tous les partis — à l’exception des Patriotes pour l’Europe et de l’Europe des nations souveraines (ENS), les deux nouveaux groupes d’extrême droite — ont été élus lors de ce vote.
Les résultats des votes devaient montrer si les partis d’extrême droite pouvaient parvenir à obtenir le soutien d’une majorité au Parlement, brisant ainsi le cordon sanitaire, ou pas.
Le cordon sanitaire est un accord informel entre les forces politiques centristes visant à ne pas collaborer avec l’extrême droite. La définition de ce qu’est l’extrême droite dépend toutefois de l’appréciation de chaque groupe politique.
En effet, alors que le Parti populaire européen (PPE) de centre droit a laissé la porte ouverte à une collaboration avec le groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE), mais pas avec les Patriotes ou les Souverainistes, les Verts et les Socialistes et Démocrates européens (S&D) refusent catégoriquement de traiter avec l’un ou l’autre de ces trois groupes.
Les familles politiques d’extrême droite convoitaient des positions clés au sein du Parlement pour refléter les résultats des élections européennes de juin et le remaniement des partis de droite, qui a permis au tout nouveau groupe politique anti-migration des Patriotes pour l’Europe (84 sièges) de devenir le troisième plus grand de l’assemblée, juste derrière le PPE (188) et S&D (136) et devant les libéraux de Renew (77).
Néanmoins, comme ce fut le cas en 2019, presque toute l’extrême droite a été empêchée d’accéder à des postes importants. Sur les 14 postes de vice-président, six ont été attribués aux socialistes, trois au PPE, deux aux CRE, un à Renew, un aux Verts (53 sièges au Parlement) et un à au groupe de La Gauche (GUE/NGL, 46 sièges).
Kinga Gál, première vice-présidente des Patriotes pour l’Europe, a fustigé cette décision sur X : « Honte à ce Parlement européen, en particulier au PPE, qui a une fois de plus ignoré la volonté de millions d’électeurs européens qui ont voté pour le changement ».
« Au lieu de respecter la démocratie et les coutumes parlementaires en élisant un vice-président proposé par le groupe des Patriotes pour l’Europe, ils ont permis à un politicien communiste d’extrême gauche d’occuper ce poste », a ajouté l’eurodéputée, également vice-présidente du parti hongrois Fidesz à propos du candidat de La Gauche, Younous Omarjee, eurodéputé réunionnais de La France insoumise (LFI).
Deux vice-présidences aux CRE mais aucune pour Patriotes et Souverainistes
Les conservateurs du groupe CRE détenaient une vice-présidence lors de la précédente législature et ont proposé deux candidats en amont du vote de mardi.
Les deux candidats des CRE, Antonella Sberna de Fratelli d’Italia, et le Letton Roberts Zīle (Alliance nationale), ont tous deux été élus.
La tête de liste du PPE, Ursula von der Leyen, en lice pour un second mandat à la présidence de la Commission européenne, avait précédemment laissé la porte ouverte à un rapprochement avec les CRE afin d’obtenir les votes nécessaires à sa réélection ce jeudi (18 juillet).
Mais les partis de gauche, tels que les socialistes et les Verts, ont critiqué cette initiative, affirmant qu’ils ne soutiendraient pas l’idée d’une coalition avec le groupe d’extrême droite.
Les Patriotes, le nouveau groupe parlementaire d’extrême droite mené par le Fidesz de Viktor Orbán, le Rassemblement national (RN) français et l’ANO tchèque, a également proposé deux noms, tandis que les Souverainistes, menés par le parti d’extrême droite allemand Alternative pour l’Allemagne (AfD), en ont présenté un.
Du côté des Patriotes, Fabrice Leggeri (RN), ancien chef de l’agence des garde-côtés et garde-frontières Frontex, n’a pas réussi à s’imposer, obtenant 177 voix en sa faveur. Klára Dostálová (ANO), n’a pas non plus été élue, ne recueillant que 116 voix.
La candidate des Souverainistes, Ewa Zajaczkowska-Hernik du parti polonais Confédération, a également été écartée, recueillant 46 voix.
[Édité par Anna Martino]