L’UE a déjà atteint son quota de sucre importé en 2024, alertent les producteurs ukrainiens

L’Union européenne a atteint le nouveau quota annuel d’importation de sucre en provenance d’Ukraine, selon les producteurs ukrainiens, qui demandent à Bruxelles de cesser les importations afin de respecter l’accord.

Euractiv France
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Selon les données de la Commission, les importations de sucre ukrainien sont passées de 40 172 tonnes en 2021-2022 à 406 777 tonnes en 2022-2023 du fait de l’ouverture des frontières en 2022.

L’Union européenne a atteint le nouveau quota annuel d’importation de sucre en provenance d’Ukraine, selon les producteurs ukrainiens, qui demandent à Bruxelles de cesser les importations afin de respecter l’accord.

L’UE ne peut plus importer de sucre ukrainien en 2024, alertent les producteurs ukrainiens, le quota de 262 millions de tonnes par an défini il y a quelques semaines ayant été atteint.

« Nous avons demandé au gouvernement ukrainien de fermer la frontière pour l’exportation du sucre ukrainien vers l’UE jusqu’à la fin de 2024 », a indiqué l’Ukrtsugar, le regroupement des producteurs de sucre d’Ukraine, à Euractiv.

Si l’UE a récemment prolongé d’un an la suspension des droits d’importation sur les produits ukrainiens – jusqu’au 5 juin 2025 -, des quotas ont été prévus pour les produits agricoles particulièrement « sensibles », dont le sucre.

Ainsi, en 2024, les exportations ukrainiennes vers l’UE ne pourront pas dépasser le volume moyen enregistré entre le 1er juillet 2021 et le 31 décembre 2023, soit 262 652,68 tonnes de sucre blanc.

Or, depuis janvier 2024, les importations ukrainiennes avoisinnent les 50 000 tonnes par mois : le seuil a donc rapidement été franchi, précise l’Ukrtsugar.

D’après des fonctionnaires de l’UE, qui se sont exprimés lundi (21 mai) lors d’une réunion entre les États membres, la Commission européenne a signalé que la limite des importations de sucre était pratiquement atteinte.

Elle a également annoncé qu’elle préparait un acte législatif pour préciser la mise en œuvre de la suspension d’urgence des importations de sucre.

Impacts sur les agriculteurs européens

Ces quotas ont été instaurés en raison des perturbations du marché intérieur consécutif à l’afflux de produits ukrainiens bon marché dans l’UE depuis la libéralisation des échanges en 2022.

Selon les données de la Commission, les importations de sucre ukrainien sont passées de 40 172 tonnes en 2021-2022 à 406 777 tonnes en 2022-2023.

La Roumanie a reçu 130 200 tonnes de sucre ukrainien en 2022-2023, contre une moyenne de 11 000 tonnes avant-guerre. Pour la Pologne, les volumes ont atteint 47 200 tonnes, contre 5 300 avant 2022.

C’est la raison pour laquelle les agriculteurs européens ont exigé des mesures d’urgence lors des manifestations qui ont ébranlé le continent ces derniers mois.

De son côté l’industrie agroalimentaire européenne a pointé le manque de production européenne et la nécessité de faire venir « plus de sucre en provenance d’Ukraine », afin d’établir « une source d’approvisionnement à long terme ».

L’Ukraine reste le deuxième fournisseur européen de sucre, derrière le Brésil.

Les producteurs ukrainiens de sucre demandent une fermeture des frontières

Pour les producteurs de sucre ukrainien, l’UE doit maintenant cesser les importations ukrainiennes jusqu’en 2025.

L’organisation Ukrtsugar a confié à Euractiv qu’elle souhaite montrer à la Commission que les producteurs peuvent « jouer selon les règles » définies dans l’accord bilatéral, dans une volonté d’intégrer le marché européen du sucre.

Si l’Ukraine cesse ces exportations vers l’UE, il lui reste d’autres partenaires dans les régions méditerranéennes — Tunisie, Liban, Turquie —, et d’Afrique de l’Ouest — Burkina Faso, Guinée, Niger, Mauritanie.

L’organisation demande toutefois à l’UE d’augmenter les volumes exportables dans le cadre d’un prochain accord, après le 5 juin 2025.

Les producteurs attendent à présent une réaction du gouvernement ukrainien et de la Commission européenne.

Selon le règlement encadrant l’accord, l’exécutif européen a 14 jours pour prendre une décision après dépassement des volumes. Il peut ensuite réintroduire les anciens quotas existant avant 2022, soit environ 20,000 tonnes — dix fois moins que le quota actuel.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]