Manuel Valls privilégie la croissance face à la réduction du déficit
Le premier ministre a affirmé que la France tiendrait ses engagements budgétaires lors d’une visite à Bruxelles. Mais a écarté toutes les mesures pouvant affaiblir la croissance.
Le premier ministre a affirmé que la France tiendrait ses engagements budgétaires lors d’une visite à Bruxelles. Mais a écarté toutes les mesures pouvant affaiblir la croissance.
La visite du premier ministre français à Bruxelles s’est achevée sur un engagement ferme de la France sur le front du déficit budgétaire et des réformes structurelles, quelques semaines après que Paris a obtenu un nouveau délai pour ramener son déficit sous la barre des 3% du PIB.
De passage à Bruxelles pour une rencontre avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et un échange avec le collège des commissaires européens, le premier ministre a tenté de rassurer sur le sérieux des engagements français, mis à mal par des reports successifs.
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« Cet échange a été l’occasion de parler de la France, c’est important, car beaucoup de questions sont posées sur mon pays » a reconnu Manuel Valls à l’issue de la rencontre. « La France est en mouvement et rien ne pourra arrêter les réformes » a-t-il insisté.
Réformes en cours
Sur le front des réformes prévues par Paris, Manuel Valls a cité la mise en œuvre du pacte de responsabilité, la loi Macron en cours d’examen, la réforme territoriale, la réforme du dialogue social et des mesures à venir pour faciliter l’embauche dans les PME.
Les réformes structurelles engagées par la France constituent le principal point de friction avec l’exécutif européen, qui estime que les projets français ne vont pas assez loin. Dans une interview sur Europe 1 le jeudi 19 mars, Jean-Claude Juncker a répété que les réformes engagées n’étaient « pas suffisantes ». « Je voudrais que la loi Macron trouve un prolongement encore plus substantiel », a-t-il notamment précisé.
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Du côté de la réduction des déficits, le premier ministre a également insisté sur la bonne volonté de Paris. « J’ai ainsi expliqué au collège que la France respecterait ses engagements budgétaires. Le délai de deux ans sera respecté » a-t-il affirmé.
Pour s’aligner sur les exigences de Bruxelles, la France doit trouver 4 milliards d’euros supplémentaires d’économie en 2015, afin de porter l’effort de réduction du déficit structurel (hors effet de conjoncture) à 0,5% comme le demande l’exécutif européen.
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Des économies que le gouvernement doit encore préciser, d’autant que l’exécutif a décidé d’engager des dépenses supplémentaires de 950 millions d’euros consacrées à la lutte contre le terrorisme, dans la foulée des attentats meurtriers de Paris.
« Toutes ces dépenses nouvelles sont compensées par des dépenses en moins, mais tout n’est pas finalisé » a reconnu le ministre des Finances, Michel Sapin, lors d’une audition devant les parlementaires français, le 18 mars.
«Mais nous allons équilibrer à l’euro près ces 950 millions d’euros. […] Il n’est pas question d’accepter qu’il y ait des dépenses supplémentaires » a-t-il poursuivi.
Ligne de rouge de la croissance
Le sérieux budgétaire consenti par Paris restera toutefois soumis aux exigences de la croissance. « J’ai informé le collège que je ne prendrais jamais des mesures pouvant briser la croissance qui est en train de revenir » a martelé le premier ministre, car « « tout nouvel effort qui se traduirait par un affaiblissement de la croissance ne serait pas sérieux ».
La France a obtenu officiellement, le 10 mars, un nouveau délai de 2 ans pour ramener son déficit sous la barre des 3% du PIB, le troisième depuis 2009.
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Proposé par la Commission au mois de février, ce report a été accepté par les États membres, à l’unanimité. Mais malgré ce vote, certains pays européens ont exprimé leur agacement face à la clémence de la Commission envers la seconde économie européenne et aux sursis à répétition dont bénéficie Paris.
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« La France n’a ni bénéficié ni demandé la moindre exonération sinon il n’y aurait pas eu d’unanimité au Conseil » a rappelé Manuel Valls, soutenu par le président de la commission européenne.
« J’ai noté les propos très amicaux de la part de tous les commissaires, à l’inverse de ce que l’on peut lire dans les journaux » a affirmé Jean-Claude Juncker.