Paix en Ukraine : pour la cheffe de la diplomatie européenne, la taille de l’armée russe doit être limitée
La Russie devrait voir la taille de son armée et son budget militaire plafonnés dans le cadre d’un accord de paix avec Kiev, a estimé la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas. Elle a averti que les dirigeants occidentaux ne devaient pas tomber dans le « piège » consistant à discuter des restrictions imposées à l’armée de Kiev lors des pourparlers de paix avec Moscou.
Ces déclarations interviennent alors que le président américain Donald Trump accentue la pression sur Bruxelles et Kiev pour parvenir à un accord qui, selon de nombreux responsables européens, ferait la part belle aux exigences de Moscou — notamment en réduisant la taille des forces ukrainiennes.
En effet, le plan de paix en 28 points soutenu par les États-Unis, divulgué la semaine dernière, prévoit de limiter la taille de l’armée ukrainienne à 600 000 soldats, soit un peu moins que les quelque 800 000 soldats qui combattent actuellement contre la Russie.
Une version amendée, appuyée par Londres, Paris et Berlin, évoque quant à elle une limite de 800 000 soldats en « temps de paix ».
« Si nous voulons empêcher cette guerre de se poursuivre, nous devons en fait limiter l’armée russe et son budget militaire », a expliqué Kaja Kallas mercredi, lorsqu’on lui a demandé directement si la Russie ou l’Ukraine devaient limiter la taille de leur armée.
L’ancienne Première ministre estonienne a ajouté que les plans de paix actuels cherchent majoritairement à obtenir des « concessions » de la part de Kiev, mais pas de Moscou, et a averti que la forte augmentation des dépenses militaires du Kremlin — qui devraient atteindre 7,2 % du PIB annuel du pays cette année — constitue une « menace pour nous tous ».
« Nous avons toujours dit que chaque pays avait le droit souverain de décider de la taille de son armée, et c’est pourquoi nous ne devons pas tomber dans le piège tendu par la Russie, qui parle de plafonner l’armée ukrainienne », a déclaré la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité. « Je veux dire, l’Ukraine n’a jamais attaqué la Russie. »
Ses dernières remarques ont été reprises mercredi matin par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
« En tant que nation souveraine, l’Ukraine ne peut se voir imposer aucune limitation de ses forces armées qui rendrait le pays vulnérable à de futures attaques », a-t-elle affirmé devant le Parlement européen à Strasbourg.
Lors du point de presse quotidien de la Commission, lorsqu’on lui a demandé si cela signifiait que Bruxelles pourrait soutenir certaines restrictions imposées à l’armée ukrainienne tant que cela ne rendait pas Kiev vulnérable à de futures attaques, un porte-parole de la Commission a répondu : « Toute limitation imposée aux forces armées ukrainiennes, s’il y en avait, devrait être acceptée par les principaux concernés, à savoir l’Ukraine ».