Papademos et Monti à la barre pour traverser la tempête
Les nouveaux Premiers ministres grec et italien s’apprêtent à prendre de nouvelles mesures d’ajustement pour redresser leurs économies.
Les nouveaux Premiers ministres grec et italien s’apprêtent à prendre de nouvelles mesures d’ajustement pour redresser leurs économies.
Quoi de mieux pour retrouver une crédibilité perdue que de placer deux économistes aguerris à la tête de la Grèce et de l’Italie ? Au bord du naufrage, les deux pays vont s’imposer un nouveau tour de vis budgétaire.
Le nouveau Premier ministre grec, Lucas Papademos, a déclaré devant le Parlement, lundi 14 novembre, qu’un programme d’ajustement supplémentaire était nécessaire pour sortir son pays du marasme économique et financier.
Pour ramener le déficit budgétaire à environ 9% du produit intérieur brut (PIB) d’ici la fin de l’année, il estime qu’il faut élargir l’assiette fiscale et lutter contre la fraude. Car, selon lui, les mesures d’austérité demandées par l’Union européenne et le Fonds monétaire international en échange de leur aide financière ont contribué à aggraver la récession et augmenter le chômage.
Si Lucas Papademos s’est entouré d’experts plus que d’hommes politiques, la semaine dernière, lors de la constitution de son nouveau gouvernement, c’est probablement dans l’espoir qu’ils sauront réformer l’économie grecque en profondeur.
« Sacrifices »
Le nouveau président du Conseil italien, Mario Monti, semble lui aussi faire le pari que des technocrates seront plus aptes à prendre les mesures qui s’imposent pour redresser l’économie italienne.
Après les représentants de groupes parlementaires, lundi 14 novembre, Monti rencontrera les partis politiques et les partenaires sociaux, mardi, en vue de présenter sous peu son équipe au chef de l’État, Giorgio Napolitano.
Pour regagner la confiance des marchés, sévèrement sapée par son prédécesseur, il envisage de mettre en place un programme fait de « sacrifices », comme le demande l’Union européenne.
« Notre diagnostic de l’économie italienne ne change pas seulement parce que le gouvernement italien a changé », a estimé le porte-parole du Commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn.
Selon des informations de LCI, Mario Monti pourrait rétablir la taxe foncière sur la résidence principale abolie par Silvio Berlusconi et mettre en place un impôt sur la fortune, auquel s’est toujours opposé le « Cavaliere ». Il pourrait aussi s’attaquer à la réforme des retraites, ce qui ne sera pas chose simple, les syndicats étant foncièrement défavorables à une trop grande libéralisation du marché du travail.