Le futur commissaire européen à la Pêche promet une « diplomatie active » avec les pays tiers

Avant son audition devant le Parlement européen, le commissaire désigné à la Pêche et aux Océans se dit ouvert à une éventuelle réforme de la politique européenne et prêt à encourager une « diplomatie active » avec les pays tiers, afin de garantir une concurrence loyale.

EURACTIV.com
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Kóstas Kadís, commissaire désigné à la Pêche et aux Océans, devra relever le défi de la mise en œuvre d’un pacte européen pour les océans, promis par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. [Union européenne]

Avant son audition devant le Parlement européen, le commissaire désigné à la Pêche et aux Océans, Kóstas Kadís, se dit ouvert à une éventuelle réforme de la politique européenne et prêt à encourager une « diplomatie active » avec les pays tiers, afin de garantir une concurrence loyale.

Kóstas Kadís devra relever le défi de la mise en œuvre du Pacte européen pour les océans, promis par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen en juillet et dont l’objectif est de concilier compétitivité et défis environnementaux.

« Ma priorité absolue sera de veiller à ce que les secteurs de la pêche et de l’aquaculture restent durables, compétitifs et résilients, et à ce que la chaîne européenne de la pêche bénéficie de conditions équitables », affirme-t-il dans ses réponses écrites aux questions posées par les membres de la commission de la Pêche (PECH) du Parlement en amont de son audition.

Évaluation de la politique en matière de pêche

L’aspirant commissaire n’a cependant pas répondu directement à la question de savoir si la prochaine Commission avait l’intention de présenter une proposition de réforme de la politique commune de la pêche — la dernière remontant à 2013.

Dans ses réponses, il indique seulement que l’exécutif européen effectuera une « évaluation complète » du cadre politique actuel.

« Sur cette base, je recommanderai à la Commission de proposer les mesures nécessaires pour affiner et améliorer la politique à l’avenir, si nécessaire », écrit-il.

Pour ce biologiste de formation, il est nécessaire de réduire la « charge administrative pesant sur les pêcheurs » et de prendre de « nouvelles mesures de soutien » pour la pêche côtière à petite échelle.

Le futur commissaire demandera aussi aux organismes scientifiques compétents un avis qui permettrait à la Commission de proposer des quotas de pêche « pour deux ans ou plus », alors que ces derniers sont aujourd’hui décidés sur une base annuelle.

Huit stocks halieutiques de l’Atlantique et de la mer du Nord sont déjà soumis à des quotas pluriannuels depuis 2023, ce qui leur assure une plus grande durabilité et une meilleure visibilité.

Accords avec les pays tiers

Le futur commissaire insiste également dans ses réponses sur les « normes strictes et élevées » du secteur européen de la pêche.

Alors que l’accord de coopération avec le Royaume-Uni sera renouvelé en 2026 et qu’un dialogue de haut niveau a été lancé avec la Norvège, Kóstas Kadís s’engage à travailler en étroite collaboration avec ces partenaires pour « promouvoir la durabilité et minimiser l’impact de toute divergence règlementaire ».

« Je continuerai à défendre les quotas de l’UE et à garantir l’accès des navires de l’UE aux eaux de nos partenaires, ce qui est essentiel pour la résilience et la compétitivité du secteur de la pêche, dans un environnement en mutation », assure-t-il.

Le commissaire désigné annonce également vouloir réviser les règles relatives à la pêche illégale, afin que l’UE puisse « prendre des mesures appropriées à l’encontre des pays qui pratiquent une pêche non durable ».

Le Chypriote entend ensuite « poursuivre une diplomatie active sur la pêche illicite, non déclarée et non règlementée (INN) », afin d’aider les pays à mettre en place des contrôles et à se conformer aux règlementations.

Plus important encore, le candidat commissaire souhaite « mettre fin aux subventions publiques qui renforcent la capacité de pêche » par le biais d’un nouvel accord avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Enfin, Kóstas Kadís souhaite profiter de son mandat pour renforcer la pisciculture et « sensibiliser aux avantages du secteur des algues », en s’appuyant sur l’initiative européenne relative au secteur des algues.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]