Pedro Sánchez recrute deux eurodéputés pour « européaniser » son gouvernement

L’eurodéputé vert Ernest Urtasún a rejoint le nouveau gouvernement espagnol en tant que ministre de la Culture et l’eurodéputée de gauche Sira Rego sera la nouvelle ministre de la Jeunesse et de l’Enfance, a annoncé le nouveau Premier ministre Pedro Sánchez.

EFE avec EURACTIV.com
Spanish Congress of Deputies votes on the investiture bid of Acting Prime Minister Pedro Sanchez
Le Partido Popular et le parti d’extrême droite Vox avaient voté contre la reconduction de Pedro Sánchez et ont soutenu qu’ils allaient intensifier leur « résistance » démocratique à la loi d’amnistie pour les indépendantistes catalans, y compris au niveau de l’UE, au sein du Parlement européen. [[EPA/JUAN CARLOS HIDALGO]]

L’eurodéputé vert Ernest Urtasún a rejoint le nouveau gouvernement espagnol en tant que ministre de la Culture, et l’eurodéputée de gauche Sira Rego sera la nouvelle ministre de la Jeunesse et de l’Enfance, a annoncé lundi (20 novembre) le nouveau Premier ministre Pedro Sánchez.

M. Sánchez (PSOE/S&D) a ajouté des ministres « fidèles » à son nouveau gouvernement de coalition — le cabinet « Sánchez III » — qui se battra pour faire face à l’opposition féroce de la droite (PP/PPE) et de l’extrême droite (Vox), qui s’efforcent toutes deux de lui faire obstacle.

M. Sánchez a souligné la grande qualité de ses ministres, qui devront lutter contre la résistance du PP, dont la majorité au Sénat pourrait retarder l’approbation de nombreuses lois et entraver le travail du nouveau gouvernement progressiste, a rapporté l’agence EFE.

Ils devront également faire face à l’opposition ferme de Vox, le troisième parti au parlement doté de 33 sièges, qui a annoncé qu’il poursuivrait le « dictateur » Pedro Sánchez en justice au sujet de la loi d’amnistie.

« Il s’agit d’une équipe politiquement très forte pour une législature politiquement très forte. [Avec] des personnes capables de gérer, mais aussi de parvenir à des accords et de les expliquer publiquement », a souligné M. Sánchez.

Borja Sémper, vice-secrétaire à la culture du PP, a averti lundi que le parti conservateur s’opposerait « efficacement » et « sans relâche » à M. Sánchez.

L’apartheid politique pour Podemos

La plateforme progressiste Sumar sous la direction de Yolanda Díaz — qui sera l’une des vice-présidentes de M. Sánchez — a obtenu cinq portefeuilles importants, dont celui de la culture pour l’eurodéputé et diplomate Ernest Urtasun, et celui de la jeunesse pour l’eurodéputée Sira Rego.

Podemos s’est retrouvé sans aucun ministère alors qu’il espérait que l’ancienne ministre de l’Égalité, Irene Montero, reviendrait à ce poste.

Le poste convoité de Mme Montero est allé à la socialiste Ana Redondo, une féministe bien connue et surtout une fidèle de M. Sánchez.

Lundi, le porte-parole de Podemos, Pablo Fernández, a qualifié de « grave erreur » le fait que « Pedro Sánchez et Yolanda Díaz aient exclu Podemos [qui dispose de 5 sièges au Parlement] du gouvernement ». Cependant, le parti de la gauche radicale n’a pas l’intention, du moins pour l’instant, de quitter la plateforme Sumar, a rapporté EFE.

Le PP a annoncé que l’un de ses objectifs était d’« internationaliser » le « problème catalan ». Mercredi (22 novembre), le Parlement européen, à l’initiative du PP (PPE), devrait débattre de la « qualité » de l’État de droit en Espagne.