Pierre Moscovici plaide pour les réformes structurelles en Grèce

Le commissaire français est en visite à Athènes à la veille d'élections présidentielles où le parti de la gauche radicale est donné gagnant par les sondages.

EURACTIV France avec Reuters
Le commissaire Moscovici est en visite à Athènes
Le commissaire Moscovici est en visite à Athènes

Le commissaire français est en visite à Athènes à la veille d’élections présidentielles où le parti de la gauche radicale est donné gagnant par les sondages.

La visite du commissaire français, Pierre Moscovici, lundi 15 décembre, est intervenue à 48h des élections présidentielles, prévues le 17 décembre. Convoquées en avance, ces élections cristallisent le spectre d’une nouvelle crise économique et politique, qui alarme le président de la Banque centrale grecque.

L’économie grecque court le risque de subir des dégâts « irréparables » à mesure que la crise politique déclenchée par la décision du gouvernement d’avancer de deux mois l’élection présidentielle prend des proportions considérables, a ainsi déclaré Yannis Stournaras.

Le chef de l’État est élu en Grèce par les députés et en l’état actuel la coalition gouvernementale ne dispose du soutien que de 155 élus, alors qu’il en faudra au moins 180 pour élire le nouveau président

Au cas où le chef de l’État ne peut être élu, il est prévu que le Parlement soit dissous et que des élections législatives anticipées soient organisées.

Un sondage publié la semaine dernière donnait le parti Syriza, connu pour ses positions anti-austérité, en tête, à plus de cinq points devant la Nouvelle Démocratie (droite) d’Antonis Samaras. Syriza est crédité de 31%, la ND de 25,7%.

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« Au cours de ces derniers jours, la crise a pris des dimensions préoccupantes, la liquidité sur les marchés financiers décroît à un rythme rapide (…) et le risque de dégâts irréparables pour l’économie grecque est très élevé », souligne Yannis Stournaras.

La Bourse d’Athènes a regagné 1,45% ce lundi mais elle a plongé de plus de 20% sur l’ensemble de la semaine dernière à la suite de l’annonce du bouleversement du calendrier de l’élection présidentielle.

En visite à Athènes, le commissaire Moscovici a mis en avant sa neutralité politique, alors que Jean-Claude Juncker avait la semaine dernière affiché un soutien à peine ambigu à M.Stavros Dimas, ancien commissaire et candidat de la droite aux élections présidentielles prévues mercredi 17 décembre.

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« Je ne me mêle pas du tout de politique grecque, il y a une démocratie, je ne suis pas dans une situation de « Et si » a déclaré l’ex ministre des Finances français à l’AFP. 

Il a aussi plaidé contre le « Grexit ». « L’idée d’envisager de ne pas rembourser une dette énorme est suicidaire. Ce n’est pas possible, ça signifierait faire défaut et c’est ce que nous avons cherché à éviter pendant des années » a-t-il aussi indiqué.

«Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est de terminer le programme en cours (…) et je suis persuadé qu’en restant proche les uns des autres, nous pouvons y arriver», a précisé le commissaire. Il a aussi déclaré que dans le cadre du nouveau programme qui doit prendre en 2015 le relais des plans d’assistance à la Grèce, la «surveillance sera plus légère» de la part de l’UE sur le pays.

La venue en Grèce du commissaire a été critiquée par le député européen Guillaume Balas, qui a indiqué sur Twitter avoir honte que le commissaire français affiche son soutien au gouvernement grec en place.