Plan eau : la FNSEA et d’autres représentants saluent la stabilisation des prélèvements pour l’agriculture
Après l’annonce du « plan eau » proposant des mesures de sobriété et de stockage, les organisations professionnelles agricoles saluent la stabilisation des prélèvements pour l’agriculture, tout en regrettant le manque de moyen et fustigeant un « mur administratif ».
Après l’annonce du « plan eau » proposant des mesures de sobriété et de stockage, les organisations professionnelles agricoles saluent la stabilisation des prélèvements pour l’agriculture, tout en regrettant le manque de moyen et fustigeant un « mur administratif ».
Jeudi 30 mars, le Président de la République a annoncé un vaste plan eau, avec comme objectif de parvenir à 10 % d’économie d’ici à 2030. Comme tous les secteurs, l’agriculture, avec 58 % de consommation d’eau douce du pays, sera mise à contribution.
« On doit faire plus d’irrigations avec la même quantité d’eau que nous utilisons aujourd’hui, car on ne doit pas plus prélever », avait annoncé Emmanuel Macron à Savines-le-Lac.
Si les agriculteurs doivent respecter la trajectoire de -10 % de consommation, il s’agit de « prélèvement brut ». Autrement dit, les irrigants devront utiliser ces 10 % pour irriguer de nouvelles surfaces agricoles. Les prélèvements nets seront donc sécurisés.
En France, les surfaces irriguées représentent environ 7 % de la surface agricole utile (SAU), dont la moitié pour le maïs.
Annonce saluée par les syndicats
« Nous saluons la prise en compte spécifique du secteur agricole dans les annonces du président de la République car, si nous partageons le constat du besoin d’économie de la ressource, on ne peut envisager de réduire les prélèvements pour la production agricole : sans eau, pas d’alimentation », déclare Eric Frétillère, président d’Irrigants de France.
Dans un communiqué commun, la FNSEA, JA, la Coopération agricole, les Chambres d’agriculture et Irrigants de France saluent le soutien économique au secteur, dans l’objectif d’accompagner, d’adapter le matériel agricole et de développer l’innovation (automatisation de l’irrigation, goutte-à-goutte, etc.)
Les organisations reconnaissent également l’importance de la création d’un « fonds d’investissement hydraulique agricole » — doté de 30 millions d’euros pour l’entretien et le développement d’ouvrages (retenues, canaux) — et « la suppression du plafond des dépenses des agences de l’eau ».
Malgré tout, l’enveloppe globale de 100 millions d’euros annoncée par Emmanuel Macron pour « encourager les nouvelles pratiques […] reste insuffisante », précisent-elles dans le communiqué.
La semaine dernière, le Président de la République avait également apporté son soutien aux très contestées méga-bassines. Cet appui aux projets de stockage mais aussi aux projets de valorisation des eaux usées est également applaudi, allant dans le sens de « l’adaptation face aux évolutions du climat ».
« Mur administratif »
Outre le manque de moyens, les principaux représentants du secteur pointent du doigt le « mur administratif », et demandent aux pouvoirs publics de « simplifier et sécuriser les cadres législatifs et réglementaires », afin de faciliter ces nouveaux modes de gestions de l’eau.
« Nous serons attentifs à ce que la concrétisation des mesures annoncées par le Président de la République à Savines-le-Lac et par le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire […] préserve la capacité de production des agriculteurs et contribuent à notre souveraineté alimentaire. Stockage et sobriété restent notre leitmotiv », a expliqué la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert.
Tout autre son de cloche du côté de la Confédération paysanne, qui considère que le plan eau n’est pas à la hauteur des enjeux de protection de la ressource en eau. « La réponse doit être un modèle agricole qui relocalise l’alimentation, produit une alimentation de qualité et in fine limite ses prélèvements et protège la ressource en eau », précise le syndicat paysan. Avec une mesure phare : « mettre fin aux méga-bassines ».
La semaine dernière à Angers, lors du Congrès de la FNSEA, le ministre Marc Fesneau s’était dit « heureux de l’arbitrage », qui « ne redemande pas un effort supplémentaire » aux agriculteurs.