Querelle politique en Italie autour d'un prétendu complot de la gauche visant la sœur de Giorgia Meloni

De nouvelles allégations d’un complot de la gauche visant à persuader les magistrats d’enquêter sur Arianna Meloni, sœur de la Première ministre italienne Giorgia Meloni, ont suscité l’indignation et entraîné un échange houleux avec l’ancien Premier ministre Matteo Renzi.

EURACTIV Italie
Italian general election 2022
L’article, écrit par le rédacteur en chef Alessandro Sallusti, s’intitule « Ils veulent enquêter sur Arianna Meloni ». [[EPA-EFE/ETTORE FERRARI]]

De nouvelles allégations d’un complot de la gauche visant à persuader les magistrats d’enquêter sur Arianna Meloni, sœur de la Première ministre italienne Giorgia Meloni, ont suscité l’indignation et entraîné un échange houleux avec l’ancien Premier ministre et leader du parti Italia Viva, Matteo Renzi.

La controverse a été déclenchée par la Une du journal de droite Il Giornale, publiée dimanche 18 août.

L’article, écrit par le rédacteur en chef Alessandro Sallusti, s’intitule « Ils veulent enquêter sur Arianna Meloni ».

L’année dernière, Il Giornale a été vendu par la famille Berlusconi à l’homme qui planifiait le rachat controversé de la deuxième agence de presse italienne, AGI, le député de la Ligue Antonio Angelucci. Cette décision avait contribué à la dégradation de la liberté de la presse en Italie selon le classement de Reporters sans frontières.

L’article en question suggère que « l’alliance traditionnelle entre les journaux, la gauche et le pouvoir judiciaire », qui, selon Alessandro Sallusti, a le pouvoir de « modifier le cours de la démocratie », conspire contre Giorgia Meloni.

La sœur de Giorgia Meloni, actuellement à la tête du secrétariat politique du parti Frères d’Italie, ferait l’objet d’une enquête pour son implication dans les récentes nominations au sein du gouvernement.

Giorgia Meloni a réagi fermement, déclarant à l’agence de presse ANSA qu’elle trouvait les allégations du député de la Ligue « très plausibles » et qu’elle qualifiait la situation d’« extrêmement grave si elle était vraie ».

Elle l’a comparée à « un système de pouvoir qui utilise toutes les méthodes et tous les artifices pour vaincre un adversaire politique qui remporte la compétition démocratique dans les urnes ».

Giorgia Meloni a accusé ses adversaires politiques d’être passés d’enquêtes sur sa vie et celle de ses proches collaborateurs « sans rien trouver » à des « manœuvres désespérées et crapuleuses ».

Le scandale a été déclenché par des rapports antérieurs selon lesquels Giorgia Meloni avait orchestré des réunions clés pour décider des nominations dans de grandes entreprises publiques telles que le radiodiffuseur public Rai et Trenitalia.

Italia Viva a réagi rapidement en lançant deux enquêtes parlementaires. Dans son article, Alessandro Sallusti mentionne expressément Matteo Renzi, suggérant que leur activisme sur la question suggère une « opération secrète », un domaine dans lequel, selon lui, le leader du parti Italia Viva « a toujours excellé ».

Dans une interview accordée à La Repubblica, il a rejeté l’idée qu’il orchestrait des conspirations avec des magistrats et des journalistes en la qualifiant de « plaisanterie qui n’est pas drôle ».

Ces attaques surviennent à un moment où les tensions entre les médias et Giorgia Meloni sont à leur comble, les organisations internationales ayant tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises au sujet de l’ingérence présumée du gouvernement au sein du radiodiffuseur public italien, la Rai.

Ces tensions ont été exacerbées par la récente controverse autour du rapport 2024 de la Commission européenne sur l’État de droit.

Dans ce rapport publié le mois dernier, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est engagée à suivre de près la situation en Italie, notamment en ce qui concerne la liberté des médias.

Cela a suscité une vive réaction de la part de Giorgia Meloni, qui a accusé Bruxelles d’être induite en erreur par des « fausse informations » diffusées par des « professionnels de la désinformation et de la distorsion ».

La Première ministre italienne a suggéré que les critiques de la Commission n’étaient pas fondées sur des préoccupations légitimes, mais qu’elles étaient plutôt motivées par « certaines parties intéressées », faisant référence aux journaux Il Domani, Il Fatto Quotidiano et Repubblica.