Report de la loi anti-déforestation : les problèmes techniques ne sont pas faciles à résoudre, soutient la commissaire à l’Environnement

Les problèmes techniques entravant l’application des nouvelles règles anti-déforestation de l’UE ne seront pas résolus avant la fin de l’année, a expliqué Jessika Roswall aux eurodéputés mercredi 1er octobre.

EURACTIV.com
EP-183649A_ENVI_Roswall
Jessika Roswall, commissaire à l'Environnement. [Parlement européen 2025/Alexis HAULOT]

Lors d’une réunion à huis clos avec les coordinateurs de la commission de l’Environnement (ENVI) du Parlement européen mercredi en fin d’après-midi, Jessika Roswall a expliqué que les problèmes techniques entravant l’application des nouvelles règles anti-déforestation de l’UE (règlement EUDR) ne seront pas résolus avant la fin de l’année.

Selon plusieurs sources au fait des discussions, cela signifie qu’un report d’un an des règles exigeant des entreprises qu’elles prouvent que leurs importations de cacao, de café, d’huile de palme, de bœuf, de bois et de caoutchouc ne contribuent pas à la déforestation se concrétise.

Ces mêmes sources ont indiqué que le Parti populaire européen (PPE, centre-droit) aurait insisté pour que de telles mesures soient prises lors de la réunion.

Il s’agissait de la première rencontre avec la commission ENVI depuis que la commissaire a annoncé, en septembre, son intention de reporter l’application des règles à 2026.

En quittant le Parlement, Jessika Roswall a confié à Euractiv qu’elle avait eu une bonne discussion informelle avec les eurodéputés. Cependant, pour le calendrier de présentation d’une proposition légale pour retarder l’application des règles, il faudra encore attendre. La commissaire a déclaré que la question n’avait pas été évoquée.

Un nouveau report des règles nécessiterait une renégociation du texte avec le Conseil et les eurodéputés, qui devraient demander des modifications supplémentaires au règlement, notamment pour exempter les forestiers et les agriculteurs de l’UE.

Mais un report n’est pas soutenu par tous les membres de la Commission.

Lors d’une conférence de presse lundi 29 septembre, la vice-présidente exécutive de la Commission, Teresa Ribera, a fait valoir que Bruxelles devrait éviter de rouvrir le règlement et plutôt explorer d’autres options.

De son côté, la Commission a insisté sur le fait que le retard était purement technique.

Sara Matthieu, coordinatrice des Verts au sein de la commission ENVI, a dénoncé ce qu’elle voit comme du « véritable amateurisme » de la part de la Commission, qui n’a pas réussi à mettre en place un système informatique solide trois ans après l’adoption de la loi.

« La priorité est de déployer des ressources et du personnel supplémentaires dès maintenant pour résoudre ces problèmes aussi rapidement que possible », a-t-elle ajouté. « Le retard n’est pas une option. »

(asg)