Une ONG rejette les allégations de « sabotage » dans l’accord migratoire entre l’Albanie et l’Italie

Selon des allégations rapportées par le quotidien Libero et reprises par Fratelli d’Italia — le parti de la Première ministre Giorgia Meloni — sur ses canaux officiels, l’organisation humanitaire SOS Méditerranée aurait saboté le programme d’externalisation des migrations entre l’Albanie et l’Italie.

EURACTIV Italie
Ocean Viking ship docks in Italy with 95 migrants onboard
« Le terme “sabotage” n’a aucun rapport avec les actions menées par notre navire », a déclaré la directrice d'SOS Méditérranée, qualifiant le rapport de « récit biaisé » visant à rejeter la responsabilité d’un « protocole raté » sur les opérations de sauvetage civiles. [EPA-EFE/RICCARDO DALLE LUCHE]

Selon des allégations rapportées par le quotidien Libero et reprises par Fratelli d’Italia — le parti de la Première ministre Giorgia Meloni — sur ses canaux officiels, l’organisation humanitaire SOS Méditerranée aurait saboté le programme d’externalisation des migrations entre l’Albanie et l’Italie.

Dans un article publié lundi 11 novembre, Libero a cité un document du ministère italien de l’Intérieur affirmant que SOS Méditerranée et d’autres organisations non gouvernementales (ONG) perturbent le protocole d’externalisation de la gestion des migrations entre l’Albanie et l’Italie en interceptant les bateaux de migrants avant qu’ils n’atteignent le Libra, le navire militaire italien désigné pour transporter les migrants vers l’Albanie.

Le quotidien avait en effet titré : « Migrants interceptés : comment les ONG sabotent le transport des migrants illégaux vers l’Albanie », et soutenu que l’externalisation par le gouvernement italien de certaines procédures de traitement des migrants vers l’Albanie a été entravée par les opérations de sauvetage des ONG.

Dans une déclaration publiée jeudi 14 novembre, la directrice de SOS Méditerranée, Valeria Taurino, a rejeté le « récit de sabotage » et a précisé que les ONG n’étaient pas coordonnées pour s’opposer au protocole.

Valeria Taurino a souligné que de telles affirmations dénaturent les activités de l’organisation en mer, où le navire Ocean Viking mène des opérations de sauvetage dans les eaux internationales.

« Le terme “sabotage” n’a aucun rapport avec les actions menées par notre navire », a déclaré la directrice, qualifiant le rapport de « récit biaisé » visant à rejeter la responsabilité d’un « protocole raté » sur les opérations de sauvetage civiles.

Valeria Taurino a en outre souligné que le Libra, qui est sous le commandement de la marine italienne, n’opère que dans les limites étroites de la zone de recherche et de sauvetage de l’Italie, à environ 34 km de Lampedusa, tandis que l’Ocean Viking reste dans les eaux internationales.

Bien que le gouvernement n’ait fait aucune déclaration officielle à ce sujet, le parti d’extrême droite au pouvoir, Fratelli d’Italia (Conservateurs et Réformistes européens/CRE) a fait la promotion de ces affirmations.

Sur X, le parti a écrit que, malgré la présence de la marine italienne, « les ONG continuent d’intercepter des migrants illégaux en provenance de pays supposés sûrs pour les amener dans nos ports, compromettant ainsi l’accord avec l’Albanie ».

« Il est évident que, pour elles, il s’agit d’une question politique et non humanitaire », a-t-il ajouté.

[Édité par Anna Martino]