Ursula von der Leyen répond aux allégations de Viktor Orbán sur la « faillite » de l’UE
La présidente de la Commission européenne a répondu aux allégations du Premier ministre hongrois Viktor Orbán selon lesquelles l’UE serait « en faillite ».
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a répondu aux allégations du Premier ministre hongrois Viktor Orbán selon lesquelles l’UE serait « en faillite ».
Lors de la conférence de presse qui a suivi le sommet européen de la semaine dernière (29-30 juin), marqué par le blocage de l’accord sur la politique migratoire de l’UE par la Pologne et la Hongrie, Ursula von der Leyen a été interrogée sur la manière dont elle répondrait aux accusations de Viktor Orbán, formulées la veille, selon lesquelles l’UE était « en faillite ».
« Tout le monde n’a qu’une seule question à Bruxelles en ce moment : où est passé l’argent ? » demande M. Orbán dans une vidéo publiée sur Facebook et Twitter en amont du sommet.
Brussels, #EUCO. We want to know who is responsible for bringing the European Union to the brink of bankruptcy. Where is the money @EU_Commission ? pic.twitter.com/va7l1ipcNy
— Orbán Viktor (@PM_ViktorOrban) June 29, 2023
Il a affirmé que la Commission avait proposé un amendement au budget de l’UE « et qu’elle demandait des centaines de milliards d’euros supplémentaires aux États membres ».
Le Premier ministre hongrois a ajouté que cela soulevait la question suivante : « Comment se fait-il que l’Union européenne puisse être poussée au bord de la faillite ? »
Viktor Orbán a indiqué que les États membres étaient invités à verser 50 milliards d’euros supplémentaires au budget de l’UE « afin qu’ils [les dirigeants de l’Union] puissent les donner à l’Ukraine alors qu’ils ne peuvent pas rendre compte de l’argent que nous avons déjà versé ». Il a également déclaré que Bruxelles voulait plus d’argent pour couvrir les intérêts sur les prêts antérieurs de l’UE.
« Ce sont les prêts dont la Pologne et la Hongrie n’ont pas encore reçu un seul centime », a-t-il souligné.
Pour rappel, la Commission retient toujours la part du fonds du plan de relance de l’UE qui revient aux deux États membres.
Le 7 juin, la Commission a proposé 189,3 milliards d’euros pour le budget de l’UE de 2024, dont près de 4 milliards d’euros pour rembourser les emprunts de l’UE. Le budget devra être négocié et approuvé par les États membres et le Parlement européen dans les mois à venir.
M. Orbán a ajouté qu’il était « peu sérieux » de la part de l’UE de « vouloir plus d’argent pour la migration, non pas pour la protection des frontières, mais pour faire entrer les migrants ».
« Avant tout, nous voulons savoir à quoi a servi tout l’argent que nous avons accordé jusqu’à présent », a-t-il déclaré.
Interrogée à ce sujet, Mme von der Leyen a précisé que M. Orbán n’avait pas soulevé la question lorsqu’ils ont eu l’occasion de s’entretenir lors du sommet.
Elle a également expliqué que s’il l’avait fait, elle aurait répondu que « nous pouvons tous constater que l’UE est forte et prospère, et que nous disposons d’un système très transparent de freins et de contrepoids : la Cour des comptes, le Parlement, le Conseil, pour n’en citer que trois ».
« Nous soutenons aussi fermement le principe de l’État de droit, principalement pour lutter contre la corruption et pour veiller à ce qu’il y ait une responsabilité et une transparence claires dans tous les types d’institutions que nous avons dans l’UE », a-t-elle ajouté.
La cheffe de l’exécutif européen avait précédemment expliqué qu’au cours des 16 mois de guerre en Ukraine, la Commission avait prélevé 30 milliards d’euros sur le budget de l’Union pour soutenir financièrement Kiev, et que ces fonds provenaient principalement de réserves dans le budget.
« Celles-ci sont désormais épuisées », a-t-elle affirmé, ajoutant que l’UE devra discuter dans les semaines à venir de la période allant de 2023 à la fin de la période financière en 2027. Cette question n’a pas été abordée lors du sommet et devra être discutée au niveau des ministres des Finances du bloc.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]