« Watergate grec » : le scandale d’espionnage d’eurodéputés grecs prend un nouveau tournant

Les données collectées par des logiciels espions et d’autres moyens de surveillance sur Nikos Androulakis ont été supprimés le 29 juillet, jour même où ce dernier a déposé plainte, selon Christos Rammos, lors d’une audition parlementaire mardi.

EURACTIV Grèce
Greek parliament debates over wiretapping scandal
Il n’y a toujours aucune preuve quant à la raison pour laquelle M. Androulakis a été surveillé. [[EPA-EFE/Yannis Kolesidis]

Les données collectées par des logiciels espions et d’autres moyens de surveillance sur l’eurodéputé et chef du Parti socialiste Nikos Androulakis ont été supprimées le 29 juillet. C’est le jour même où ce dernier a déposé plainte, selon le chef de l’Autorité hellénique pour la sécurité des communications et la vie privée, Christos Rammos, lors d’une audition parlementaire mardi (20 septembre).

Les députés de l’opposition suivant la procédure ont indiqué qu’au cours de l’audition, M. Rammos avait lu l’ordre de destruction donné par l’ancien chef de l’Agence grecque des Affaires intérieures.

En présentant certains des documents d’enquête à la commission, M. Rammos a également témoigné que le nouveau chef de l’Agence, Themistocles Demiris, avait refusé catégoriquement de coopérer pendant l’enquête.

M. Rammos a expliqué que lorsqu’il a demandé l’accès au dossier de l’eurodéputé M. Androulakis, la première réponse de M. Demiris était qu’il ne savait pas si ce dossier existait. Il a ensuite publié une déclaration écrite indiquant que la procédure contre M. Androulakis était légale, mais qu’en raison d’obligations de non-divulgation, il n’était pas autorisé à en révéler davantage.

M. Rammos a souligné que, conformément à la Constitution grecque, il est autorisé à avoir accès à toutes les informations concernant l’affaire, et a déclaré qu’il n’était pas disposé à sacrifier 40 ans de service pour étouffer un scandale.

Les députés grecs présents à l’audience ont indiqué que M. Demiris était d’accord pour que le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis lève l’obligation de non-divulgation, tout comme la plupart des experts juridiques grecs ainsi qu’un ancien Premier ministre du parti au pouvoir.

M. Mitsotakis et le parti au pouvoir n’ont pas encore répondu, mais le Premier ministre a laissé entendre, lors d’une précédente intervention parlementaire, qu’il était plus important de préserver l’Agence des Affaires intérieures, en déclarant : « Nous ne transformerons pas les Bulletins des Affaires intérieures en prospectus au nom de la transparence ».

Il n’y a toujours aucune preuve quant à la raison pour laquelle M. Androulakis a été surveillé. Le procureur qui a signé l’ordre a également refusé de coopérer avec M. Rammos.

M. Androulakis n’est qu’un cas de plus dans une série de victimes de logiciels espions en Grèce. Le 8 septembre dernier, trois journalistes ont été entendus par la commission PEGA du Parlement européen. Ils y ont présenté leurs expériences et leurs recherches concernant l’utilisation du logiciel espion Predator. Deux d’entre eux ont reçu la confirmation qu’ils avaient été pris pour cible lors d’enquêtes importantes, et le troisième a été le premier à rendre compte du scandale en Grèce.