Commission européenne : le parti espagnol d’extrême droite Vox exhorte le PPE à rejeter la nomination de Teresa Ribera

Vox a demandé au Parti populaire européen de voter contre la candidate espagnole au poste de commissaire chargée de la Transition Propre, Juste et Compétitive, Teresa Ribera. Le parti d'extrême droite espagnol espère torpiller ses chances d'obtenir le nombre de voix suffisantes.

EFE avec EURACTIV.com
Bavarian Christian Democrats (CSU) Hold Europe Party Congress
Manfred Weber, président de Parti populaire européen (PPE). [Johannes Simon/Getty Images]

Vox a demandé au président du Parti populaire européen (PPE), Manfred Weber, de voter contre la candidate espagnole au poste de vice-présidente de la Commission européenne chargée d’une Transition Propre, Juste et Compétitive, Teresa Ribera. Le parti d’extrême droite espagnol espère ainsi torpiller ses chances d’obtenir le nombre de voix suffisantes, les votes du PPE étant déterminants pour sa confirmation.

Après son audition devant les eurodéputés le 12 novembre, l’aspirante commissaire espagnole, membre du Parti socialiste-ouvrier espagnol (PSOE, Socialistes et Démocrates européens/S&D), doit encore être approuvée par le Parlement européen. Et les voix des eurodéputés PPE, le plus grand groupe au sein de l’hémicycle, sont cruciales pour sa confirmation.

« Si [Teresa Ribera] est [élue commissaire], ils [le PPE] seront sans importance », a averti José Antonio Fúster, porte-parole de Vox, lundi 18 novembre lors d’une conférence de presse au siège du parti à Madrid.

« Si le Partido Popular espagnol [PP, membre du PPE au Parlement européen] vote contre la nomination de Teresa Ribera, mais que le PPE maintient la nomination, nous dirons que le PP espagnol fait du théâtre, qu’il s’agit d’une escroquerie. Pour nous, les jeux politiques sont terminés », a ajouté le porte-parole de Vox.

Vox, qui fait partie du groupe d’extrême droite des Patriotes pour l’Europe au Parlement européen, dispose de six eurodéputés et de 33 députés au parlement espagnol (sur un total de 350), ce qui en fait la troisième force politique la plus importante à Madrid.

Santiago Abascal, président de Vox, a été élu samedi président du parti d’extrême droite paneuropéen des Patriotes pour l’Europe. Au Parlement européen, le groupe éponyme lié au parti représente le troisième plus grand groupe de l’hémicycle, derrière le PPE de centre-droit et les socialistes.

Vox et le Partido Popular, la principale force d’opposition au gouvernement du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez (PSOE), tiennent Teresa Ribera — actuelle ministre espagnole de la Transition écologique et du Défi démographique — pour principale responsable des inondations survenues à Valence et en Castille-La Manche le 29 octobre dernier. Une tragédie qui a coûté la vie à 220 personnes à ce jour.

Les deux partis rejettent la nomination de la candidate, et certaines factions du PP ont suggéré que le parti de centre droit pourrait accepter un autre candidat proposé par le PSOE, notamment l’actuel ministre de l’Agriculture, Luis Planas, qui, comme Teresa Ribera, a une grande expérience des rouages de l’UE.

Le parti d’extrême droite Vox a pour sa part réitéré lundi son rejet total de tout candidat socialiste proposé par Madrid au poste de futur commissaire et de vice-président dans le Collège de commissaires qu’Ursula von der Leyen cherche à former.

« Il n’y a aucun type de condition ou de pacte qui puisse être acceptable pour qu’une personne aussi négligente que Teresa Ribera soit élue [commissaire] », a souligné José Antonio Fúster, tout en ajoutant que les prétendues conditions posées par le PP pour accepter la candidate espagnole controversée étaient un « écran de fumée ».

Parmi les conditions qui auraient été posées par le PP et le PPE, l’actuelle ministre doit s’engager à démissionner de son futur poste de commissaire si elle est inculpée par la justice espagnole pour sa gestion de la catastrophe de Valence.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]