Écoblanchiment : un groupe de consommateurs veut interdire l’étiquetage des aliments climatiquement neutres

Les allégations de neutralité carbone sont trompeuses et embrouillent les consommateurs, selon un nouveau rapport du groupe de consommateurs BEUC, qui souhaite qu’elles soient bannies des produits alimentaires et des boissons dans l’Union européenne.

Euractiv.com
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« Il n’existe pas de banane ou de bouteille d’eau en plastique neutres en CO2 », a déclaré Monique Goyens, directrice générale du BEUC, soulignant que les allégations de neutralité carbone relèvent de « l’écoblanchiment pur et simple ». [<a href="https://www.shutterstock.com/image-photo/tomato-carbon-neutral-product-label-consumer-2072638721" target="_blank" rel="noopener">[SHUTTERSTOCK]</a>]

Les allégations de neutralité carbone sont trompeuses et embrouillent les consommateurs, selon un nouveau rapport du groupe de consommateurs BEUC, qui souhaite qu’elles soient bannies des produits alimentaires et des boissons dans l’Union européenne.

D’après le nouveau rapport publié le jeudi (9 mars), qui donne des exemples provenant de dix États membres, des termes tels que « neutre en carbone », « neutre en CO2 » et « positif en carbone » sont désormais monnaie courante dans les rayons des supermarchés de l’UE.

Toutefois, ces allégations de neutralité climatique « font plus de tort que de bien », conclut le rapport.

Les qualifiant d’« inexactes sur le plan scientifique », le rapport déplore que ces allégations écologiques soient souvent étayées par des projets de compensation des émissions de carbone, tels que des programmes de plantation d’arbres.

Ces programmes permettent aux entreprises de payer des crédits carbone issus de projets de compensation pour « équilibrer » leurs propres activités émettrices de carbone afin de revendiquer la neutralité carbone plutôt que la diminution des émissions produites.

Cependant, le rapport souligne que cela n’offre « aucune garantie de dépendance à l’égard du carbone pour l’avenir », ce qui signifie que les effets compensatoires des projets de compensation fondés sur la nature sont « tout sauf garantis ».

« Il n’existe pas de banane ou de bouteille d’eau en plastique neutres en CO2 », a déclaré Monique Goyens, directrice générale du BEUC, soulignant que les allégations de neutralité carbone relèvent de « l’écoblanchiment pur et simple ».

À ce titre, les allégations de neutralité carbone et leurs dérivés peuvent donner « l’impression trompeuse » aux consommateurs que les produits sur lesquels elles figurent n’ont pas de conséquences négatives sur le climat.

« Il s’agit d’un écran de fumée qui donne l’impression que les entreprises prennent des mesures sérieuses et immédiates pour réduire leur incidence sur le climat », a-t-elle ajouté, s’en prenant en particulier aux « produits carnés ou laitiers néfastes pour le climat », qui encouragent un « statu quo » dans les habitudes de consommation.

« C’est tout à fait contre-productif en cette période d’urgence climatique au cours de laquelle les consommateurs sont à la recherche d’informations fiables et sérieuses pour les aider à adopter un régime alimentaire plus respectueux de l’environnement », conclut-elle.

Ce rapport sort précisément alors que la Commission européenne et le Parlement s’attaqueront à l’écoblanchiment dans les semaines à venir.

Le 22 mars 2023, la Commission européenne devrait publier une proposition concernant l’initiative sur les allégations écologiques, tandis que la semaine suivante, la Commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs du Parlement européen votera sur une proposition visant à donner au consommateur les moyens d’agir pour la transition écologique.

Contacté par EURACTIV, un porte-parole de FoodDrinkEurope a indiqué à EURACTIV que les fabricants d’aliments et de boissons en Europe sont « engagés à améliorer l’empreinte environnementale de leurs produits et à fournir des informations environnementales claires aux consommateurs ».

Le représentant a expliqué qu’il existe aujourd’hui un grand nombre d’étiquettes et d’allégations utilisées — environ 230 étiquettes environnementales dans l’UE et 450 dans le monde — qui peuvent embrouiller les consommateurs et compliquer les efforts du secteur pour fabriquer des produits plus écologiques.

À ce titre, le secteur européen de l’alimentation et des boissons est favorable à l’élaboration d’un cadre législatif harmonisé au niveau de l’UE sur les allégations écologiques. Ce cadre devrait fixer des exigences minimales pour la fourniture volontaire d’informations environnementales sur les produits.

« La formulation d’allégations écologiques et leur justification de manière vérifiable, facile à comprendre et comparable dans l’ensemble de l’UE facilitera la mise en place de conditions de concurrence équitables entre les entreprises au sein du marché unique et encouragera une production et une consommation plus durables », a conclu le représentant.