Elisabeth Borne présente son plan de décarbonation pour atteindre les objectifs de l’UE

La Première ministre française, Elisabeth Borne, a dévoilé lundi (22 mai) les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre à atteindre en France pour respecter les nouveaux objectifs de l’UE de -55 % d’ici à 2030.

Euractiv France
Interministerial committee press conference in Paris
La Première ministre française Elisabeth Borne (devant) et le ministre français de la Transformation et des Services publics Stanislas Guerini (C-arrière) arrivent pour une conférence de presse après un comité interministériel sur la transformation des politiques publiques à l'hôtel Matignon à Paris, France, 09 mai 2023. [EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

La Première ministre française, Elisabeth Borne, a dévoilé lundi (22 mai) les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre à atteindre en France pour respecter les nouveaux objectifs de l’UE de -55 % d’ici à 2030.

Jusqu’à présent, les objectifs français tablaient sur une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40 % entre 1990 et 2030. Ils n’étaient donc plus en phase avec les nouveaux objectifs de l’UE de réduire les émissions de gaz à effet de serre européens de 55 % d’ici à 2030 par rapport à 1990.

D’autant que, même pour un objectif de -40 %, les efforts fournis par la France étaient, pour l’heure, insuffisants. Le 10 mai dernier, le Conseil d’État estimait en effet que « les mesures prises à ce jour ne permettent pas de garantir […] que la trajectoire de réduction des émissions adoptée par le Gouvernement pourra être atteinte »

Entre 2022 et 2030, il faudra réduire les émissions de gaz à effet de serre de 408 à 270 millions de tonnes, soit une baisse de 34 %, pour atteindre l’objectif de l’UE.

Pour cela, la Première ministre a présenté aux membres du Conseil national de la transition écologique (CNTE) — saisi pour avis avant les votes au Parlement des textes en matière d’énergie et d’environnement — les objectifs à atteindre pour les grands secteurs d’activité.

Le plan de la Première ministre prévoit, par exemple, que l’entrée des voitures électriques dans le parc automobile devrait constituer la plus grosse baisse attendue des émissions de gaz à effet de serre dans les transports, soit 11 millions de tonnes réduites, sur les 37 millions attendues d’ici à 2030 dans le secteur.

En 2022, selon les données du Citepa, le secteur des transports était le plus émetteur de France (129 millions de tonnes de gaz à effet de serre), devant l’agriculture (81 millions), l’industrie (72), le bâtiment (64), l’énergie (47) et d’autres secteurs plus résiduels.

Le secteur des « gros sites industriels » devra produire l’effort le plus important de décarbonation, de l’ordre de 24 millions de tonnes de gaz à effet de serre en moins d’ici à 2030.

Côté bâtiment, la rénovation du résidentiel, la réduction du recours au fioul et au gaz constituent les trois piliers de la baisse des émissions du secteur.

Le plan est « très collectif », insiste le cabinet de la Première ministre. 

« Au total, la moitié de l’effort [de réduction des gaz à effet de serre] sera accompli par les entreprises, notamment les grandes entreprises, un quart par l’État et les collectivités, et le dernier quart par les ménages », a précisé Mme Borne lors de la consultation du CNTE.

Ainsi, l’ensemble de ces mesures devraient permettre d’assurer une baisse de 50 % des émissions de carbone entre 2030 et 1990. Les 5 % restants pour atteindre l’objectif de l’UE seront comblés par les puits de carbone, notamment pour compenser la difficile réduction des émissions du secteur agricole. 

Néanmoins, il existe « encore une incertitude sur comment résorber le puits de carbone », dont les capacités ont chuté presque de moitié depuis 1990, assume le cabinet de la Première ministre, incapable, pour l’heure, de donner des chiffres d’absorption par les puits de carbone à horizon 2030.

Il y a également une incertitude sur la manière de financer la transition, concède Matignon. En revanche, un rapport de France Stratégie, organisme rattaché à la Première ministre, publié lundi aussi, planche sur un coût de l’ordre de 66 milliards d’euros par an à l’horizon 2030.

D’autres textes, législatifs et réglementaires cette fois, seront présentés avant la fin de l’année 2023 pour compléter les premiers jalons posés lundi par Mme Borne.

Ainsi de l’actualisation de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), de la stratégie nationale bas carbone (SNBC), d’une stratégie de biodiversité (SNB), des mesures de territorialisation de l’action, d’un projet de loi d’orientation agricole et, enfin, d’un projet de loi de programmation énergie-climat (LPEC).