Entre réductions des dépenses publiques et investissements dans la défense, la zone euro prise entre deux feux

Les pays de la zone euro restent déterminés à réduire les dépenses publiques nettes malgré les récentes promesses d'augmenter les investissements dans la défense.

EURACTIV.com
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Les pays de la zone euro restent déterminés à réduire les dépenses publiques nettes malgré les récentes promesses d’augmenter les investissements dans la défense.

Le président de l’Eurogroupe, Paschal Donohoe, a déclaré que la « position budgétaire globale » de la zone euro devrait encore être « légèrement restrictive » cette année, comme convenu précédemment par les ministres de la zone euro en décembre.

« Cette déclaration [de décembre] et ces orientations sont-elles toujours valables ? Oui », a répondu Paschal Donohoe, qui est également ministre irlandais des Finances.

Selon lui, ses homologues reconnaissent néanmoins que « nous sommes dans un monde très, très différent » de celui qui existait avant le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier, en bouleversant des décennies d’hypothèses sur l’engagement de Washington en faveur de la sécurité européenne.

Le président américain a récemment retiré son soutien militaire et sécuritaire à l’Ukraine dans la guerre contre la Russie, et a suggéré à plusieurs reprises que les États-Unis pourraient ne pas défendre les autres membres de l’OTAN s’ils étaient attaqués.

Lundi, aux côtés de Phil Hogan, l’actuel commissaire européen à l’Économie, Valdis Dombrovskis, a aussi rappelé que la déclaration de l’Eurogroupe de décembre « reste valable », citant la nécessité de contenir l’inflation, qui reste légèrement supérieure à l’objectif de 2 % de la Banque centrale européenne (BCE).

Valdis Dombrovskis et Paschal Donohoe se sont déjà affrontés sur la question de savoir si de nouveaux investissements dans la défense nécessiteraient des changements dans les perspectives budgétaires globales de l’Union.

Lors d’une réunion des ministres de la zone euro à Bruxelles le mois dernier, Paschal Donohoe a estimé que la déclaration de décembre « restait intacte », tandis que Valdis Dombrovskis a fait valoir que la position budgétaire de l’Union « évoluerait certainement vers plus d’expansion ».

Les commentaires de lundi font suite à l’annonce faite mardi dernier par l’Allemagne de mettre au point un programme de défense et d’infrastructure d’une valeur maximale de 1 000 milliards d’euros.

Le projet de loi, dont l’adoption par le Bundestag n’est pas encore certaine, a été présenté quelques heures seulement après que la Commission européenne a proposé une série de mesures, dont la suspension des règles budgétaires récemment remaniées de l’Union. D’après Bruxelles, cela pourrait stimuler les investissements dans la défense de 800 milliards d’euros au cours des quatre prochaines années.

La semaine dernière, l’envoyé de l’Allemagne auprès de l’UE a également expliqué aux ambassadeurs des autres États membres que les règles, qui menacent les pays de l’UE de sanctions s’ils affichent des déficits supérieurs à 3 % du PIB annuel, devraient être modifiées plutôt que simplement suspendues.

Cependant, le ministre allemand des Finances, Jörg Kukies, a indiqué avant la réunion de l’Eurogroupe de lundi que l’avis de Berlin sur la nécessité de modifier les règles « dépendra de la formulation exacte de la proposition de la Commission ».

Valdis Dombrovskis a toutefois laissé entendre que les règles ne seraient pas révisées dans un avenir proche, en faisant remarquer qu’une version modifiée de celles-ci n’était entrée en vigueur que l’année dernière et que les renégociations « prendraient du temps ».

« Nous sommes confrontés à des questions de sécurité difficiles que nous devons aborder. Nous devons réagir maintenant ».

(sn)