Impact de la crise énergétique sur le secteur agroalimentaire : la Commission envisage une communication spécifique

La Commission européenne envisage de présenter une nouvelle communication distincte sur l’impact de la crise énergétique, laquelle serait dédiée au secteur agricole.

EURACTIV.com
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Cette information survient alors que l’on apprend que plusieurs références clés à l’agriculture semblent ne pas avoir été retenues entre une première version de la communication de l’exécutif européen sur les prix de l’énergie, obtenue avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie, et une deuxième version, qui a pu être consultée par EURACTIV le 2 mars. [<a href="https://www.shutterstock.com/image-photo/how-use-organic-fertilizer-farming-gardening-1693051096" target="_blank" rel="noopener">[SHUTTERSTOCK]</a>]

La Commission européenne envisage de présenter une nouvelle communication distincte sur l’impact de la crise énergétique, laquelle serait dédiée au secteur agricole. Cette communication viendrait compléter une communication plus large sur la crise énergétique, selon certaines sources.

Interrogé par EURACTIV pour savoir si la Commission allait présenter une communication portant spécifiquement sur le secteur agricole et les prix de l’énergie, un porte-parole de l’UE a refusé de donner une réponse directe, réitérant plutôt que la Commission adoptera bel et bien une communication sur les prix de l’énergie la semaine prochaine, qui comprendra les « répercussions sur les agriculteurs, les intrants et les prix des denrées alimentaires, ainsi que les solutions éventuelles à ces problèmes ».

Toutefois, une autre source européenne a quant à elle confirmé les rumeurs selon lesquels une deuxième communication distincte, portant spécifiquement sur l’agriculture, serait une idée envisagée par l’exécutif européen.

« Nous réfléchissons à une communication séparée », nous a confié la source, ajoutant ne pas avoir d’autres détails pour le moment.

La source a également souligné que la Commission s’était déjà engagée à renforcer la réglementation de l’UE en matière de sécurité alimentaire dans le cadre du suivi de sa communication sur un plan d’urgence.

« Nous avons maintenant convenu de la composition du groupe d’experts qui dirigera nos efforts pour mieux protéger la sécurité alimentaire », a indiqué la source, ajoutant que la première réunion du groupe aura lieu « de toute urgence, très probablement dès la semaine prochaine ».

L’activation des outils de suivi des crises, en particulier le mécanisme européen permanent de préparation et de réaction aux crises de sécurité alimentaire (EFSCM) mis en place par la Commission, a été décidée par les ministres de l’Agriculture des 27 mercredi (2 mars) lors d’une réunion extraordinaire.

Cette information survient alors que l’on apprend que plusieurs références clés à l’agriculture semblent ne pas avoir été retenues entre une première version de la communication de l’exécutif européen sur les prix de l’énergie, obtenue avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie, et une deuxième version, qui a pu être consultée par EURACTIV le 2 mars.

Ces omissions renforcent l’idée que certaines parties pourraient être retirées et déplacées dans une communication dédiée à l’impact de la crise énergétique sur le secteur agricole.

Étant donné les implications de grande envergure de la guerre actuelle en Ukraine sur l’UE, il n’est pas surprenant que le document, qui devrait être publié le 8 mars, ait subi des modifications importantes.

Toutefois, plusieurs omissions notables concernent le secteur agricole, alors qu’il est déjà lourdement affecté par l’invasion, comme en témoigne la montée en flèche du coût des engrais.

À titre de comparaison, alors que la première version de la communication contenait 16 références au terme « food » (alimentation, nourriture) et 11 mentions du terme anglais « agri », y compris les termes « agricultural » (agricole) et « agri-food » (agroalimentaire), la nouvelle version n’en contient, respectivement, que cinq et neuf.

Un point sur les mesures relatives au marché agricole a notamment été abandonné au profit d’un point sur la garantie d’une réserve minimale de gaz.

Cela signifie que l’engagement pris par l’exécutif européen de dresser une carte des risques et des vulnérabilités de la chaîne d’approvisionnement alimentaire de l’UE et de ses infrastructures critiques, qui devait être suivi d’une évaluation au sein du groupe d’experts Food Contingency, a été supprimé.

Par ailleurs, une référence à une communication dédiée à l’agriculture et aux prix des denrées alimentaires et de l’alimentation animale, prévue pour mars 2022, a également disparu, de même qu’une mention de l’« autonomie stratégique ouverte » du secteur.

Toutefois, une référence à une proposition visant à donner aux États membres la possibilité d’accorder des aides pour l’utilisation d’engrais moins conventionnels – qui sont actuellement très affectés par la hausse des prix du gaz – se trouve toujours dans la communication de la Commission.

De même, une demande aux États membres de canaliser les fonds de la Politique agricole commune (PAC) vers la production de biogaz est maintenue.

Le nouveau projet de communication propose également un nouveau programme pilote pour démontrer comment le financement de la PAC peut soutenir la production de biogaz dans les zones rurales et promouvoir les opportunités dans le secteur du biogaz parmi les agriculteurs de l’UE.