La défense ne sera pas une priorité pour Chypre durant sa présidence du Conseil

Chypre prévoit de réduire l’importance accordée par le Conseil à la défense lorsqu’elle prendra la présidence tournante de l’institution en janvier 2026, selon un projet de priorités obtenu par Euractiv.

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Le document définit les priorités qui guideront le travail de Chypre à la tête du Conseil. L’État membre de l’UE — non membre de l’OTAN — assurera la présidence du Conseil de janvier à juin, après la présidence danoise.

La défense occupe une place centrale au sein du Conseil « Affaires étrangères » depuis que la Russie a lancé son invasion de l’Ukraine en 2022. Mais le projet de priorités chypriote ne mentionne pas la défense dans les remarques introductives du chapitre lié aux affaires étrangères. Cette formation du Conseil se concentrera plutôt sur « la consolidation des partenariats internationaux pour défendre les valeurs communes et contribuer à faire progresser la paix et la prospérité dans le monde », peut-on lire dans le document.

À titre de comparaison, le Danemark a fait des efforts pour renforcer la sécurité de l’Europe une priorité absolue du Conseil « Affaires étrangères ».

Contactée par Euractiv, la représentation permanente de Chypre auprès de l’UE a déclaré que cette version du document était issue de discussions « très préliminaires » menées à un « niveau technique inférieur ».

Le document ne fait pas mention du futur budget européen de la défense, ni du projet d’« omnibus de la défense » — un terme bruxellois désignant une initiative visant à simplifier les différentes législations de l’UE dans ce domaine. Ces deux dossiers devraient être développés par les insitutions européennes au cours de la présidence chypriote du Conseil de l’Union européenne.

Les négociations sur le futur Fonds européen de compétitivité (FEC), qui englobe le volet défense et espace du budget de l’UE pour 2028-2034, devraient commencer d’ici la fin de 2025 et durer jusqu’en 2027.

De même, des rapporteurs ont été désignés pour le paquet de simplification de la défense afin de commencer à rédiger la position du Parlement avant le début des négociations interinstitutionnelles.

Le projet de priorités chypriote suggère également une réorientation régionale de la Russie vers la Méditerranée. Dans l’ensemble, le mot « défense » n’est mentionné que 11 fois dans le document, contre 32 fois dans les priorités de la présidence actuelle.

Les fonctionnaires pourraient ajouter d’autres éléments au projet de document dans les semaines à venir.

« Un projet sera soumis à la hiérarchie politique pour finalisation à la fin du mois de novembre et sera présenté à la mi-décembre », a indiqué le porte-parole de la représentation permanente de Chypre auprès de l’UE

Que prévoit Chypre en matière de défense ?

La prochaine présidence chypriote se concentrera sur la mise en œuvre de la feuille de route sur l’état de préparation de la défense, récemment dévoilée par la Commission, qui vise à renforcer l’industrie européenne de la défense d’ici 2030, et sur l’utilisation des prêts dans le cadre du programme Security Action for Europe (SAFE) — une enveloppe de 150 euros pour des achats de défense conjoints. Le programme européen d’investissement dans le domaine de la défense (EDIP) de 1,5 million d’euros, qui entrerait en vigueur après le vote des eurodéputés en décembre, ne figure pas dans le projet de document.

La présidence chypriote contribuera également à la finalisation d’une « feuille de route UE-OTAN » visant à renforcer la coopération avec l’Alliance transatlantique, bien que le contenu de cette feuille de route ne soit pas encore clair. La représentation permanente de Chypre auprès de l’UE a refusé de commenter les détails de cette feuille de route.

Enfin, les Chypriotes devraient mettre l’accent sur le rôle de la sécurité maritime. La présidence « donnera la priorité à la sécurité des routes maritimes critiques en tant qu’élément clé de la résilience de l’UE et de la protection de la chaîne d’approvisionnement », est-il écrit dans le projet de texte. Il est précisé que les travaux se concentreront sur les opérations en Méditerranée orientale et en mer Rouge. Toutefois, le document ne mentionne pas la mer Baltique, qui est pourtant devenue la principale zone de transit pour la flotte fantôme de la Russie.