La Slovaquie se prépare à perdre 800 millions d’euros de fonds européens

La Slovaquie doit encore dépenser plus de 30 % de ses fonds de cohésion, soit un total de 4,3 milliards d’euros, mais à moins de sept mois de l’échéance, 800 millions d’euros, soit 5 % de la somme totale, sont sur le point d’être perdus.

/ EURACTIV Slovaquie
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Alors que le gouvernement précédent est resté silencieux sur la crise naissante, les nouveaux ministres technocrates ont présenté leurs calculs un mois après leur entrée en fonction. [Shutterstock/esfera]

La Slovaquie doit encore dépenser plus de 30 % de ses fonds de cohésion, soit un total de 4,3 milliards d’euros, mais à moins de sept mois de l’échéance, 800 millions d’euros, soit 5 % de la somme totale, sont sur le point d’être perdus.

Alors que le gouvernement précédent est resté silencieux sur la crise naissante, les nouveaux ministres du gouvernement technocratique ont présenté leurs calculs un mois après leur entrée en fonction. Leur plan prévoit de déplacer des fonds et d’élargir la marge de manœuvre pour les projets qui n’aboutissent pas. Néanmoins, 800 millions d’euros, soit 5 % de la somme totale, devraient être perdus.

« Nous ne perdrons pas des milliards. Mais dépenser la totalité de l’allocation n’est pas réaliste », a fait remarquer Lívia Vašáková, vice-Première ministre chargée des fonds de l’UE.

Les technocrates prévoient de détourner 1,04 milliard d’euros de l’argent non dépensé vers les factures d’énergie des ménages et des entreprises. Cela a été rendu possible grâce à la nouvelle flexibilité introduite lors des négociations REPowerEU l’année dernière. Le Premier ministre de l’époque, Eduard Heger, a déclaré publiquement que le pays « s’effondrerait financièrement » si l’exception, baptisée SAFE, n’était pas rendue possible.

Une autre somme de 315 millions d’euros est destinée aux réfugiés ukrainiens, en utilisant un autre outil de crise, FAST CARE. Ces mesures porteront à 80 % la mise en œuvre de l’enveloppe 2014-2020 par la Slovaquie. Il reste donc 2,94 milliards d’euros à dépenser cette année.

Comme le veut la règle, les projets ont été planifiés de manière à couvrir un montant supérieur à la somme allouée, en guise de tampon. Cela signifie qu’il devrait être possible de dépenser 5,3 milliards d’euros, soit bien plus que nécessaire.

Cependant, les problèmes de gestion et de mise en œuvre sont tels que le gouvernement s’attend toujours à ce que près d’un milliard d’euros soit restitué. L’un des problèmes est qu’à ce stade, il n’est plus possible de transférer des fonds de programmes peu performants vers d’autres programmes.

De multiples programmes sont très problématiques, en particulier dans les domaines de l’environnement, de l’infrastructure, du numérique, du social et de la culture. De grosses sommes d’argent sont réparties entre de nombreux petits projets et l’augmentation des coûts des matériaux de construction signifie que certains projets ne sont plus réalisables. Les dépenses pour les communautés marginalisées sont également historiquement basses, car le racisme structurel empêche les hommes politiques locaux d’entreprendre des projets.

Selon les sources d’EURACTIV Slovaquie, la Commission européenne a refusé de repousser la date limite de la Slovaquie. Faire preuve de laxisme en matière de surveillance serait mal perçu lorsqu’il s’agira de se battre pour un budget de cohésion après 2027.

Le gouvernement a encore quelques tours dans son sac, mais il est peu probable qu’ils permettent de ramener les dépenses à 100 %. 25 millions d’euros pourraient être transférés des dons aux instruments financiers, pour être investis dans des logements abordables. Un échelonnement sera également mis en œuvre dans la mesure du possible, en répartissant les coûts entre deux périodes de programmation.

Un autre problème est que la lutte pour économiser les fonds restants empêche les fonctionnaires d’accorder de l’attention à l’enveloppe 2020-2027. Trois ans après son entrée en vigueur, la Slovaquie n’a toujours pas présenté d’appels pour les principaux programmes de cohésion, ce qui met également en péril ses dépenses futures.