Le ministre de l’agriculture espagnol demande à l’Europe de venir au secours de la pêche
Alors que les 27 ministres de l’Agriculture se sont réunis lundi 21 mars dans le cadre d’un Conseil de l’Union européenne la pêche s’est invitée à l’ordre du jour à demande du ministre espagnol Luis Planas. Celui-ci a insisté sur « l’urgence » d’un soutien de l’Union.
Lundi 21 mars, les 27 ministres de l’Agriculture se sont réunis dans le cadre d’un Conseil de l’Union européenne, afin de discuter des moyens pour faire face aux multiples conséquences de la guerre en Ukraine. L’objectif étant de garantir l’approvisionnement alimentaire immédiat et, à plus long terme, la sécurité et la souveraineté alimentaire de l’UE.
Parmi les sujets divers abordés tout au long de la journée, celui de la pêche s’est invité à l’ordre du jour à la demande du ministre espagnol Luis Planas. Lors d’un échange public, celui-ci a insisté sur « l’urgence » d’un soutien de l’Union, alors que son pays fait face à la colère du monde agricole. Une manifestation d’ampleur a d’ailleurs eu lieu ce dimanche 20 mars à Madrid pour demander des aides devant la hausse des prix du carburant.
Demande d’aide unanime
Cette flambée du gaz non routier (GNR) en particulier a contraint de nombreux navires européens à rester à quais ces dernières semaines, faute de rentabilité. « Les dépenses en matière énergétique sont très importantes dans le secteur de la pêche, a expliqué le ministre. En Espagne cela peut tourner autour de 50% des coûts d’exploitation. »
Cet appel a été lancé à l’unisson par plus de 20 ministres présents autour de la table. « Belgique, Bulgarie, Croatie, Chypre, Grèce, Italie, Irlande, Lettonie, Lituanie, Portugal, Roumanie, Slovénie et Espagne connaissent actuellement une escalade significative des coûts des matières premières et de l’énergie, qui a augmenté et empiré ces dernières semaines » est-il précisé dans une note.
Concrètement, le ministre espagnol a demandé l’activation de l’article 26 du Fond Maritime Européen pour la Pêche et l’Aquaculture (FEAMP). Cet instrument peut venir en aide au secteur en cas de besoin par des mesures de compensations. « Je demande donc au commissaire de bien vouloir activer les différents mécanismes » afin d’éviter les « pénuries » a-t-il lancé à l’endroit du commissaire européen à l’Agriculture Janusz Wojciechowski.
Il a également précisé que les ressources halieutiques étant très périssables, le stockage est plus difficile que pour d’autres ressources. D’autre part, le ministre demande de prendre en considération toute la chaîne industrielle et commerciale : « Il faut aider les secteurs de la capture, de l’aquaculture et de la transformation ».
Outre ces aides européennes qui devraient être précisées dans les prochains jours, le ministre de l’Agriculture français et président de ce conseil, Julien Denormandie, enjoint les pays à prendre des mesures complémentaires dans les secteurs touchés par la crise. En France, le plan de résilience présenté mercredi dernier (16 mars) par le gouvernement prévoit la remise de 15 centimes d’euro par litre de carburant entre le 1er avril et le 1er juillet ainsi qu’un complément d’aide spécifique aux pêcheurs, destiné à parvenir à un total de 35 centimes par litre.
« J’ai réitéré en tant que président du Conseil une demande vis-à-vis du commissaire d’avoir un plan d’accompagnement ambitieux au niveau européen » a annoncé Julien Denormandie à l’issue de la journée, rappelant que « protéger et pérenniser l’activité des pêcheurs » est d’une importance cruciale pour assurer « la souveraineté pour nos pays européens ».