Les agriculteurs européens jouent la carte du lobbying
Plutôt que d'organiser d'autres grandes manifestations à Bruxelles, les syndicats prévoient de concentrer leurs efforts auprès des institutions européennes.
Les syndicats d’agriculteurs européens Copa et Cogeca ont indiqué qu’ils s’opposeraient aux plans de la Commission pour le prochain budget agricole en faisant pression sur les États membres et les députés européens plutôt qu’en organisant des manifestations de masse.
Les organisations ont qualifié les derniers mois d’« été noir », et ont dénoncé la proposition de l’exécutif européen de réduire les dépenses de la politique agricole commune (PAC) de 25 à 30 % dans la prochaine période budgétaire, ainsi que le processus de ratification de l’accord UE-Mercosur. Des représentants de toute l’Union se sont réunis cette semaine pour coordonner leur réponse.
« Le problème n’est pas l’argent, c’est la structure de la prochaine PAC qui est inacceptable », a déclaré le président du Copa, Massimiliano Giansanti, lors d’une conférence de presse vendredi.
Mais la diplomatie d’abord. Plutôt que d’organiser d’autres grandes manifestations à Bruxelles, les syndicats prévoient de concentrer leurs efforts auprès des députés.
« Nous ne sommes pas seuls », a déclaré Massimiliano Giansanti, soulignant le mauvais accueil que la proposition de la Commission a reçu tant au Parlement européen qu’au Conseil. Le syndicat a l’intention de se tourner vers ces institutions pour trouver « une voie différente de celle empruntée avec la Commission ».
Copa souhaite également manœuvrer jusqu’au sommet de la hiérarchie. « Lorsque la présidente Ursula von der Leyen décidera de nous rencontrer, nous serons là », a fait savoir Massimiliano Giansanti.
Dans l’intervalle, les tracteurs restent à portée de main. « Nous n’avons pas peur de manifester à nouveau, nous le ferons certainement si nécessaire, les tracteurs sont prêts », a-t-il ajouté.
Le calendrier pourrait être déterminant : « D’ici Noël, il y aura de nombreux moments qui pourraient être propices pour manifester », a-t-il annoncé, citant des « décisions importantes » attendues au Parlement de Strasbourg et au Conseil.
Au niveau national, la tension est déjà perceptible. Les agriculteurs français sont descendus dans la rue vendredi pour protester contre les coupes budgétaires et l’accord UE-Mercosur.
(sn)