L'industrie pharmaceutique suisse conclut un accord pour réduire le coût des médicaments aux États-Unis

Washington souhaite que le Danemark, l'Allemagne, la France, l'Italie et la Suisse alignent leurs prix sur ceux pratiqués aux États-Unis pour les nouveaux médicaments.

EURACTIV.com
Roche Headquarters In Madrid
Siège social de Roche, multinationale pharmaceutique, le 28 janvier 2025 à Madrid, en Espagne. [Cristina Arias/Cover/Getty Images]

Les entreprises pharmaceutiques suisses se sont ralliés à un nouvel accord tarifaire conclu avec la Maison Blanche pour réduire le coût des médicaments aux États-Unis. D’après les représentants de l’industrice, ce pacte offrirait une certaine prévisibilité tout en préservant l’innovation.

Vendredi soir, le président américain Donald Trump a annoncé neuf accords tarifaires avec des entreprises pharmaceutiques pour le programme Medicaid, dont le français Sanofi et le suisse Novartis.

Cette initiative intervient alors que Washington incite d’autres pays à revenu élevé à s’aligner davantage sur les références tarifaires américaines. Le Royaume-Uni a déjà conclu un accord commercial sans droits de douane avec les États-Unis, en échange d’une augmentation de 25 % du coût des médicaments innovants pour le NHS.

Le fabricant suisse de médicaments Roche s’est imposé comme l’un des principaux partisans de cette initiative. Son PDG, Thomas Schinecker, a déclaré aux médias suisses que l’adoption d’un système de prix de référence à l’américaine entraînerait probablement une augmentation du coût des médicaments nouvellement commercialisés en Suisse, une évolution qu’il a défendue comme nécessaire pour soutenir l’innovation pharmaceutique.

La filiale américaine de Roche, Genentech, fait partie des 14 fabricants de médicaments qui ont jusqu’à présent adhéré au plan de Trump visant à réduire les prix de certains médicaments sur ordonnance aux États-Unis. M. Schinecker a ajouté que Washington exhortait d’autres pays, notamment le Danemark, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l’Italie, le Japon, le Canada et la Suisse, à aligner leurs prix sur ceux pratiqués aux États-Unis pour les nouveaux médicaments.

Le lobby industriel Interpharma a salué les accords conclus avec Novartis et Roche, expliquant à Euractiv qu’ils offraient une « sécurité de planification » aux entreprises opérant dans un environnement commercial instable.

Roche avait déjà annoncé en avril qu’elle investirait 50 milliards de dollars pour développer ses capacités de production aux États-Unis, ce qui devrait protéger le fabricant de médicaments contre d’éventuels droits de douane américains à l’importation.

« Les progrès médicaux doivent être financés de manière durable », a justifié un porte-parole d’Interpharma, ajoutant que les pays plus riches devraient supporter des coûts plus élevés en fonction de leur capacité économique.

D’autres entreprises devraient désormais suivre le mouvement. En juillet, Trump a écrit à 17 fabricants de médicaments pour leur demander de réduire fortement leurs prix, les avertissant qu’ils pourraient être soumis à des droits de douane élevés.