L'Islande pourrait adhérer à l'UE d'ici 2028, selon la commissaire à l'élargissement
Ces déclarations interviennent quatre jours seulement avant que les Islandais ne se prononcent sur la reprise des négociations d'adhésion
L’Islande pourrait être prête à adhérer à l’UE d’ici un à deux ans, a affirmé Marta Kos, commissaire européenne chargée de l’élargissement.
Cette île nordique se prononcera samedi lors d’un référendum très serré sur la reprise des négociations d’adhésion à l’UE. Si les négociations reprennent, l’Islande deviendrait immédiatement l’un des favoris pour rejoindre le club, aux côtés du Monténégro, candidat depuis 2010.
« Faisant déjà partie du marché unique, elle pourrait finaliser les négociations d’adhésion d’ici un à deux ans », a déclaré la commissaire européenne lors d’une conférence du ministère des Affaires étrangères en Croatie. La conclusion des négociations d’adhésion ne constitue pas la dernière étape avant l’adhésion à l’UE ; les pays doivent en effet rédiger un traité qui doit être ratifié par tous les gouvernements nationaux, un processus qui prend généralement un an.
Des responsables islandais ont, en privé, exhorté la Commission européenne à ne pas s’immiscer dans ce débat houleux. Un sondage réalisé par Maskína, publié mardi par le journal Visir, suggère que la course est très serrée, avec un léger avantage pour le « oui ». 51,3 % des personnes interrogées se sont prononcées en faveur de la reprise des négociations d’adhésion avec Bruxelles, tandis que 48,7 % s’y sont opposées.
Si les Islandais votent « non », cela entamerait l’élan qui se développe actuellement à Bruxelles en faveur d’une nouvelle approche pour élargir le bloc des 27 membres.
La Commission présentera le 30 septembre des propositions visant à adapter le fonctionnement de l’élargissement, en amont d’un sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu mi-octobre.
Kos a présenté les quatre domaines dans lesquels la Commission prévoit d’engager des réformes, allant de la proposition de périodes transitoires pour l’adhésion des nouveaux membres à certaines politiques communes, à la réforme de l’Union elle-même – peut-être en réduisant la taille des institutions européennes – et à l’imposition de garanties juridiques visant à sanctionner les nouveaux membres en cas de recul démocratique.
L’actuelle « intégration graduelle » – qui permet aux pays candidats d’accéder progressivement au marché unique – doit être rendue plus attrayante, a déclaré Kos.
Elle a appelé les diplomates croates présents dans l’auditoire à « régler les questions bilatérales restantes » avant l’adhésion du Monténégro. En juillet, la Croatie a fait pression sur le Monténégro pour qu’il résolve les différends liés à la guerre des années 1990.
(bw)