Menaces d’annexion américaine du Groenland : un eurodéputé demande le gel de l’accord commercial UE-États-Unis

Un eurodéputé danois estime que l’accord commercial en cours de négociation avec les États-Unis est l’un des rares leviers dont dispose l’UE pour faire pression sur Washington, qui menace d’annexer le Groenland — un territoire autonome rattaché au Danemark.

/ EURACTIV.com
European leaders attend Ukrainian President Zelenskyy’s meeting with Trump at the White House
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. [Getty Images/Présidence ukrainienne_Anadolu]

L’UE devrait suspendre la conclusion de son accord commercial avec les États-Unis jusqu’à ce que Donald Trump cesse de menacer de s’emparer du Groenland, estime l’eurodéputé danois Per Clausen, membre du groupe de La Gauche (GUE/NGL) au Parlement européen.

Per Clausen cherche actuellement à recueillir les signatures de collègues pour soutenir son initiative, mais celle-ci a peu de chances de se traduire en politique concrète, les compétences commerciales relevant de la Commission européenne, et non du Parlement.

Si le Parlement approuvait l’accord commercial — en vertu duquel Washington impose des droits de douane de 15 % sur la plupart des exportations de l’UE — alors que le président américain continue de menacer le Groenland, « cela serait facilement perçu comme une récompense pour lui », a écrit Per Clausen dans une lettre qu’il a diffusée mercredi 7 janvier à d’autres députés européens.

L’UE s’est engagée à réduire les droits de douane sur les produits agricoles et industriels américains, mais ne l’a pas encore fait, dans l’attente d’un accord entre le Parlement européen et le Conseil.

Le gel des négociations sur l’accord « montrera clairement aux États-Unis qu’ils ne sont pas libres de proférer de telles menaces et de se préparer à une occupation militaire du Groenland », a confié Per Clausen, syndicaliste et ancien député danois de l’Alliance rouge-verte, à Euractiv.

Le Parlement n’a pas encore défini sa position de négociation sur l’accord, tandis que le vote en plénière est prévu en février.

Une position ferme à l’égard des États-Unis « réfuterait l’argument souvent avancé selon lequel l’UE ne peut rien faire parce que les États-Unis sont trop puissants », a expliqué Per Clausen.

« Sur le plan militaire, c’est tout à fait vrai. Sur le plan économique, cependant, ce n’est pas tout à fait le cas. Dans ce domaine, l’UE dispose certainement de certaines possibilités. »

Thomas Møller-Nielsen a contribué à la rédaction de cet article.