Parlement européen : Manfred Weber sous pression après la rébellion française contre Ursula von der Leyen au PPE

Le chef du Parti populaire européen (PPE) est sous pression de la part d’une partie du groupe parlementaire de centre-droit, après avoir « laissé » la délégation française voter en faveur de la motion de censure de l’extrême droite la semaine dernière.

/ / EURACTIV.com
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Le mois dernier, Jordan Bardella, chef du groupe d’extrême droite Patriotes pour l’Europe au Parlement européen et président du Rassemblement national (RN), a déposé une motion de censure contre la Commission von der Leyen II, citant l’accord commercial avec le Mercosur comme raison pour renverser l’exécutif européen. Le vote sur cette motion a eu lieu jeudi dernier (9 octobre), en même temps que celui sur une motion déposée par La Gauche (GUE/NGL). Les deux initiatives ont été rejetées.

Les résultats du vote montrent que quatre des six eurodéputés français du PPE — les Républicains François-Xavier Bellamy (vice-président du groupe PPE), Christophe Gomart et Céline Imart, ainsi que Laurent Castillo (Union des droites pour la République) — ont soutenu la motion déposée par Jordan Bardella.

Le PPE est la plus grande faction du Parlement européen. Il s’agit également du parti d’Ursula von der Leyen. Le groupe a rejeté à une écrasante majorité les deux motions de censure visant la Commission.

Interrogés par Euractiv, plusieurs membres du PPE ont vivement critiqué les rebelles français.

« [Manfred] Weber lui faisait confiance pour servir de pont entre le parti et le groupe, mais [François-Xavier] Bellamy a simplement joué son propre jeu, contre son propre patron », a expliqué un élu du PPE à Euractiv. Un autre a ajouté : « Autrefois, il aurait été démis de certaines de ses responsabilités ».

Une source au sein du bureau de François-Xavier Bellamy a confié à Euractiv que ce dernier avait fait part de son intention de vote à Manfred Weber avant jeudi dernier.

La décision du député européen français était en contradiction directe avec la position officielle du groupe, exprimée par Manfred Weber tant en public qu’en privé. Mardi 7 octobre, il avait indiqué aux journalistes : « Nous sommes clairement du côté de notre présidente de la Commission [Ursula von der Leyen] et de notre Commission dans son ensemble ».

Lors d’une réunion à huis clos avec son groupe parlementaire avant le vote, Manfred Weber a appelé à un soutien clair et unifié à Ursula von der Leyen, selon une source haut placée au sein du PPE.

Manfred Weber a également insisté sur la nécessité d’une participation totale et d’une loyauté sans faille, a déclaré une source haut placée au sein du PPE présente à la réunion à huis clos. « Il a clairement indiqué qu’aucun membre du PPE ne devait soutenir la motion, soulignant la nécessité de l’unité et de la discipline au sein du groupe », a déclaré la même source à Euractiv.

La position de François-Xavier Bellamy a suscité une vive réaction au sein du parti. En tant que trésorier de l’alliance européenne du PPE, son opposition a été jugée particulièrement préjudiciable.

Manfred Weber avait personnellement nommé François-Xavier Bellamy au poste de trésorier, malgré son opposition antérieure à la nomination d’Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission.

Selon certains, cette nomination était considérée comme une mesure stratégique visant à apaiser les tensions au sein du parti, car les Républicains étaient de plus en plus critiques à l’égard de la présidente de l’exécutif européen. Les conservateurs français l’accusaient de s’être alignée sur Emmanuel Macron.

D’autres élus du PPE ont également défié la demande de Manfred Weber de voter contre les deux motions de censure, bien qu’ils aient été présents à Strasbourg le jour du vote, selon les registres publics.

Les députés européens de la minorité hongroise de Roumanie Vincze Loránt, dont le parti, l’Union démocrate magyare de Roumanie, ne soutient pas von der Leyen. La députée européenne hongroise du PPE Kinga Kollár et les députés slovènes Branko Grims et Milan Zver n’ont pas non plus voté, bien qu’ils aient été présents.

La Républicaine Isabelle Le Callennec n’a voté sur aucune des deux motions malgré sa présence, et sa collègue Nadine Morano s’est abstenue sur la motion des Patriotes et a voté contre celle déposée par La Gauche.

Même parmi les membres du PPE qui ont voté contre les motions de censure, il semblait y avoir une certaine réticence. « Ursula von der Leyen doit faire davantage pour la révision du Green Deal », a par exemple déclaré l’eurodéputée slovaque Miriam Lexmann.

Le bureau de Manfred Weber n’a pas répondu à notre demande de commentaires avant la publication de cet article.

(asg)