Arrêt du transit du gaz russe : la Slovaquie multiplie les menaces à l’égard de l’Ukraine

Le Premier ministre slovaque Robert Fico a menacé Kiev d’interrompre l’aide humanitaire et les fournitures d’électricité d’urgence et d’utiliser son droit de veto sur les questions européennes si l’Ukraine ne reprenait pas les flux de gaz à travers son territoire.

EURACTIV.com
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Robert Fico a déclaré que l’arrêt du gaz avait coûté 500 millions d’euros de pertes de revenus à son pays, et il exerce donc une forte pression politique pour que l'Ukraine reprenne les flux. [EPA-EFE/ARTYOM GEODAKYAN]

BRUXELLES — Le Premier ministre slovaque Robert Fico a menacé Kiev d’interrompre l’aide humanitaire et les fournitures d’électricité d’urgence et d’utiliser son droit de veto sur les questions européennes si l’Ukraine ne reprenait pas les flux de gaz à travers son territoire.

Le 1er janvier 2025, l’Ukraine a mis fin à l’acheminement du gaz russe vers l’Union européenne (UE). Pour la Slovaquie, qui acheminait le gaz vers l’ouest, cela marque la fin d’une activité lucrative qui lui permettait de subventionner les factures de gaz de ses consommateurs.

Robert Fico a déclaré que l’arrêt du gaz avait coûté 500 millions d’euros de pertes de revenus à son pays, et il exerce donc une forte pression politique pour que l’Ukraine reprenne les flux. Après avoir participé à une réunion de haut niveau avec la Commission européenne ce jeudi 9 janvier, il a annoncé des « mesures sévères très bientôt».

« Nous pouvons arrêter toute aide humanitaire », a-t-il affirmé aux journalistes à Bruxelles.

Bratislava joue également un rôle clé dans le renforcement du réseau électrique ukrainien, qui est endommagé car la Russie a détruit près de la moitié de la capacité de ses centrales électriques. Robert Fico espère faire un usage stratégique du fait que 60 % des exportations de l’UE vers l’Ukraine passe par la Slovaquie.

« Si je ne me trompe pas, la Slovaquie est probablement la seule à pouvoir fournir de l’électricité à l’Ukraine dans les 30 minutes en cas d’urgence », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il était ouvert à un arrêt des fournitures d’urgence, pour lequel Kiev paie.

Sur le plan politique, le Premier ministre slovaque a rappelé que certaines décisions de l’UE, telles que l’admission de nouveaux membres et les sanctions à l’encontre de la Russie, nécessitaient un vote à l’unanimité — et qu’il n’hésitera pas à utiliser son droit de veto « si nécessaire ».

Avant de s’adresser aux journalistes, Robert Fico a rencontré le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jørgensen. Après une « discussion ouverte et de qualité » sur la situation énergétique, les deux hommes ont convenu de créer un groupe de travail de haut niveau qui « examinera comment l’UE peut apporter son aide ».

[Édité par Anna Martino]