Éolien : un vice de forme bloque 1 GW de nouvelle capacité

Le dernier appel d’offres pour 925 MW d’éolien français n’a finalement abouti qu’à la validation de 54 MW. Une situation inquiétante pour la transition énergétique, mais que le régulateur de l’énergie assure régler dans les prochains mois.

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Sur les 60 dossiers de développement portant sur 944,2 MW, la Commission de régulation de l’énergie n’en a finalement retenu que quatre, pour une capacité de 54 MW, soit 6 % de l’offre initiale… [thelamephotographer / shutterstock]

Le dernier appel d’offres pour 925 MW d’éolien français n’a finalement abouti qu’à la validation de 54 MW. Une situation inquiétante pour la transition énergétique, mais que le régulateur de l’énergie assure régler dans les prochains mois.

L’appel d’offres (PPE2 Eolien 2020) portant sur la période de mai à décembre 2022 permettait de débloquer 925 MW de projet éolien terrestre.

Sur les 60 dossiers de développement portant sur 944,2 MW, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) n’en a finalement retenu que quatre, pour une capacité de 54 MW, soit 6 % de l’offre initiale…

« Ce n’est pas comme cela que l’on va accélérer les renouvelables… », déplore sur Twitter Nicolas Goldberg, expert des marchés de l’énergie chez Columbus Consulting.

Pour expliquer cette situation que Les Echos qualifient de « trou d’air inédit », la CRE relève, dans sa délibération rendue publique mercredi (22 mars), qu’un « vice de conformité » sur les modèles de garanties financières proposées par les candidats à l’appel d’offres « semble avoir fait l’objet d’une interprétation erronée à la suite d’une modification du cahier des charges ».

12 dossiers ont finalement échappé au vice de conformité, avant que la CRE ne retienne que les quatre proposant un « tarif de référence » par mégawattheure inférieur au prix plafond confidentiel fixé par le régulateur.

« La situation n’est pas satisfaisante », reconnait sur Twitter la présidente de la CRE, Emmanuelle Wargon. Mais pas de panique : un appel d’offres de rattrapage sera lancé d’ici deux mois, avec délibération dans les quatre mois suivants, annonce le régulateur.

Les résultats « seront bien différents » veut croire le syndicat professionnel France énergie éolienne (FEE).

Six mois supplémentaires évitables, selon Corentin Sivy, cadre dirigeant chez le développeur français BayWa r.e. Ce, à condition que la CRE dispose davantage d’effectifs et d’une autonomisation de certaines étapes de la procédure d’étude des candidatures, avance-t-il sur Twitter.

En matière de développement du renouvelable, la France fait figure de mauvais élève européen, étant le seul pays de l’UE a ne pas avoir atteint les objectifs de développement qui lui était fixé pour 2020.

Depuis, le gouvernement souhaite changer de cap avec la loi d’accélération des renouvelables promulguée mi-mars 2023 censée réduire les temps administratifs dans l’octroi de permis de construction de nouvelles capacités.

Une mesure bienvenue dans la mesure où, d’après le think tank spécialisé dans le développement durable IDDRI, le retard français sur le développement des renouvelables coûterait 6 à 9 milliards d’euros par an au contribuable pour l’achat de gaz.

Prochaine étape : la France se donnera en juin des objectifs chiffrés à atteindre dans le cadre de la programmation pluri-annuelle de l’énergie. Ceux-ci devront s’inscrire dans les objectifs que l’UE souhaite maintenant fixer au niveau européen de minimum 40 % de renouvelable dans la consommation d’énergie finale d’ici à 2030.