La Commission à nouveau houspillée sur les perturbateurs endocriniens

Eurodéputés et représentants de la société civile ont appelé la Commission à définir rapidement une nouvelle stratégie sur les perturbateurs endocriniens, après le rejet d'une première mouture à l’automne dernier.

EURACTIV.com
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Les perturbateurs endocriniens favorisent l'apparition de maladies comme le cancer.

Eurodéputés et représentants de la société civile ont appelé la Commission à définir rapidement une nouvelle stratégie sur les perturbateurs endocriniens, après le rejet d’une première mouture à l’automne dernier.

« Le travail est encore en cours, je ne suis pas en position de donner des détails ou un calendrier spécifique », a indiqué Julien Mousnier, qui dirige l’unité « citoyens et sécurité » du secrétariat général de la Commission.

Le responsable s’est exprimé lors d’un événement organisé par Pavel Poc, eurodéputé S&D et vice-président de la commission ENVI (environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire) et l’Alliance pour la santé et l’environnement (HEAL).

« C’est un sujet qui soulève de nombreuses questions et inquiétudes sur la manière dont nous produisons et consommons », a continué Julien Mousnier, soulignant que le sujet était une priorité de la Commission.

« L’exposition aux produits chimiques qui perturbent le système endocrinien est de plus en plus souvent lié à une variété de maladies et de problèmes de santé, comme les cancers, l’autisme, l’infertilité, l’obésité ou le diabète, qui pèsent lourdement sur l’économie et le bien-être de nos sociétés », a pour sa part rappelé Pavel Poc.

Chaque bébé qui naît est exposé à plus de 100 potentiels perturbateurs endocriniens », confirme Barbara Demeneix, professeure de The Endocrine Society.

La Commission européenne est en train de redéfinir ses critères d’identification des perturbateurs endocriniens dans les produits phytosanitaires. L’exécutif avait déjà proposé des critères, qui avaient toutefois été sèchement rejetés par le Parlement, le 4 octobre, à 398 voix contre, 235 pour et 70 abstentions. Il avait alors promis de présenter une nouvelle proposition « sans délai ».

Dans sa déclaration, le Parlement a déclaré que la Commission avait outrepassé son mandat en proposant d’exempter certaines substances destinées à attaquer le système endocrinien d’un organisme, même lorsqu’elles causent des dommages aux organismes non ciblés du même groupe d’espèces.

« Il est très problématique que la Commission européenne ait retardé son action sur les perturbateurs endocriniens, malgré les appels à l’action du Parlement européen et de la société civile », a commenté Jytte Guteland, eurodéputée auteure de l’amendement qui a rejeté les critères précédents. « Nous devons savoir dès maintenant si les produits que nous et nos enfants consommons sont sûrs. Nous avons besoin d’une ligne de conduite européenne sur les perturbateurs endocriniens. »

« La Commission européenne a agi trop peu et trop tard pour protéger les citoyens des perturbateurs endocriniens. Il est nécessaire que nous agissions rapidement », a jugé l’eurodéputée Anja Hazekamp, du GUE/NGL.

Lorsqu’on lui a demandé si la Commission prendra des mesures à l’égard des perturbateurs endocriniens dans la législation sur les cosmétiques et l’emballage des aliments, son représentant a répondu qu’il était peu probable que cela se produise.

Critères solides

« Nous devons mettre en place une stratégie européenne révisée qui donne la priorité à la minimisation de l’exposition aux perturbateurs endocriniens, qui tienne compte des nouvelles preuves scientifiques et qui permette à l’UE d’investir davantage dans la recherche à ce sujet », a poursuivi Barbara Demeneix, qui appelle l’UE à investir davantage.

Elle estime que l’UE doit combler le manque de connaissances liées à la définition de ces critères et a rappelé qu’un grand nombre de scientifiques demandent à la Commission européenne d’en faire davantage pour les réglementer.

« Nous sommes exposés à un cocktail chimique nocif tous les jours. Il faut faire de meilleures recherches, il faut réduire notre exposition aux perturbateurs endocriniens », martèle pour sa part Genon K. Jensen, directeur exécutif de HEAL et coordinateur de la coalition pour une Europe sans perturbateurs endocriniens.

« Nous sommes tous exposés à des perturbateurs endocriniens sans nécessairement le savoir. Ils représentent un défi sociétal et nous avons besoin d’une approche globale pour nous attaquer à ces produits chimiques afin de protéger notre santé », a-t-elle ajouté.