La sécurité alimentaire en tête des priorités agroalimentaires de la présidence tchèque de l’UE
La sécurité alimentaire sera au cœur des priorités agroalimentaires de la future présidence tchèque et figurera à l’ordre du jour de toutes les réunions des ministres européens de l’Agriculture au cours des six prochains mois.
La sécurité alimentaire sera au cœur des priorités agroalimentaires de la future présidence tchèque et figurera à l’ordre du jour de toutes les réunions des ministres européens de l’Agriculture au cours des six prochains mois.
La République tchèque a pris le relais de la présidence tournante de l’Union européenne vendredi dernier (1er juillet), tandis que tous les regards sont tournés vers l’Ukraine, qui lutte contre les forces russes depuis février.
Dmitrij Černikov, porte-parole du COREPER I pour la représentation permanente tchèque auprès de l’UE a confié à EURACTIV que « l’agression russe contre l’Ukraine a redéfini les priorités de la présidence tchèque pratiquement dans tous les domaines, et l’agriculture ne fait pas exception ». Il a également insisté que la sécurité alimentaire était « à nouveau en tête de l’agenda ».
Ensemble, la Russie et l’Ukraine représentent plus d’un tiers des exportations mondiales de blé, ainsi que plus de la moitié des exportations d’huile de tournesol. Les perturbations causées par l’invasion de la Russie ont fait naître des inquiétudes quant à la sécurité alimentaire mondiale.
« Faire face à l’impact de la crise causée par l’agression russe sera notre priorité, nous continuerons à orienter la discussion sur la situation du marché », a-t-il déclaré, expliquant que le plan est d’aborder la question « dès le début » et de mettre ce point sur chaque réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE au cours de la présidence tchèque.
« Nous donnerons au ministre l’occasion d’aborder les questions les plus préoccupantes et de présenter des propositions de mesures si nécessaire », a ajouté M. Černikov.
Les plans stratégiques de la PAC
Parallèlement, la présidence tchèque supervisera un certain nombre de dossiers agroalimentaires clés, notamment l’adoption des plans stratégiques nationaux (PSN) élaborés par États membres dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC).
Grâce à ces plans, dont la première version a été soumise à la Commission européenne au début de l’année, les États membres exposent la manière dont ils entendent atteindre les neuf objectifs de la réforme de la PAC à l’échelle de l’UE — ce qui représente un véritable défi.
« Ce ne sera pas facile, car nous devons trouver un équilibre entre nos objectifs à long terme et les nouveaux défis, qu’il s’agisse de la stratégie “de la ferme à la table”, Fit for 55 ou encore de la stratégie en faveur de la biodiversité », a expliqué M. Černikov.
La chose la plus importante est de fournir aux agriculteurs du bloc « de la clarté et des certitudes », y compris la sécurité juridique, a-t-il ajouté.
« Cela sera très important au cours de notre présidence. La question, bien sûr, est de savoir comment le faire, et c’est une question à laquelle nous, en tant qu’États membres de l’UE, essaierons de donner une réponse au cours des discussions politiques lors des réunions du Conseil “Agriculture et pêche” », a-t-il indiqué.
Déforestation et pesticides
La garantie de chaînes d’approvisionnement exemptes de déforestation sera également au menu des discussions sur les questions agroalimentaires clés.
Le Conseil « Environnement » a récemment adopté une position commune de négociation sur les propositions de la Commission, et les dialogues doivent commencer sous la présidence de la République tchèque, a déclaré M. Černikov.
« Nous voudrons nous assurer que les consommateurs de l’UE ne contribuent pas à la déforestation dans le monde », a-t-il affirmé, ajoutant que, plus largement, la présidence cherchera également à renforcer la contribution de l’UE à la protection des forêts et également à la gestion durable des forêts.
Par ailleurs, suite à la présentation récente du règlement tant attendu de l’exécutif européen sur l’utilisation durable des pesticides, ces derniers figureront également en bonne place à l’ordre du jour de la présidence tchèque.
Les discussions sur la question doivent déjà commencer lors de la prochaine réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE le 18 juillet prochain, avec un accent particulier sur « l’utilisation efficace des pesticides et la promotion de la production durable », a annoncé M. Černikov.
Une aquaculture durable
Pour finir, le poisson sera lui aussi une priorité de l’agenda tchèque, notamment parce que l’aquaculture durable est une question importante pour la République tchèque, qui est un pays enclavé.
La production aquacole tchèque s’élève à 20 000 tonnes de poissons d’eau douce par an, ce qui représente 40 millions d’euros, si l’on en croit les données du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche.
Le pays se concentre sur la modernisation des fermes et des étangs aquacoles avec l’introduction de nouvelles technologies et la mise en œuvre de méthodes d’élevage respectueuses de l’environnement et permettant une utilisation efficace des ressources.
En outre, au cours du second semestre, la présidence tchèque tentera de parvenir à des accords politiques pour la mer Baltique, les eaux profondes et les quotas pour l’Atlantique et la mer du Nord ainsi que pour la Méditerranée.