La société civile condamne le nouveau décret anti-avortement de la Hongrie

La société civile dénonce le nouveau décret du gouvernement hongrois impose aux femmes souhaitant avorter d'écouter les battements de cœur du fœtus avant de pouvoir accéder aux soins de santé fondamentaux.

EURACTIV.com
Mobilization against the decision of the Supreme Court of the United States concerning abortion
Le décret hongrois complète la loi sur l’avortement en vigueur dans le pays, qui autorise l’avortement au cours des 12 premières semaines si la santé de la femme est en danger ou si le fœtus est susceptible de souffrir d’un handicap ou d’une déficience grave. [EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

Un nouveau décret du gouvernement hongrois impose aux femmes souhaitant avorter d’écouter les battements de cœur du fœtus avant de pouvoir accéder aux soins de santé fondamentaux. Ce décret a été condamné par le réseau européen de la Fédération internationale pour le Planning familial – Réseau européen dans un communiqué de presse publié jeudi (15 septembre).

Le décret hongrois complète la loi sur l’avortement en vigueur dans le pays, qui autorise l’avortement au cours des 12 premières semaines si la santé de la femme est en danger ou si le fœtus est susceptible de souffrir d’un handicap ou d’une déficience grave.

Cependant, selon le réseau international, le nouveau décret hongrois ne poursuit aucun objectif médical et ne fait qu’humilier les femmes.

« La nouvelle législation a été publiée par le gouvernement hongrois comme si elle était un fait accompli, sans aucune consultation d’experts ou du public et sans entendre les femmes », peut-on lire dans le communiqué de presse.

Les eurodéputés ont également commenté le nouveau décret.

Du côté des Verts, l’eurodéputée française Gwendoline Delbos-Corfield a confié à EURACTIV que « le gouvernement hongrois utilise toujours la dissuasion ».

« Ils ne sont pas très portés sur les lois provocatrices », a-t-elle poursuivi, ce qui serait le cas d’une loi interdisant tout simplement l’avortement.

« C’est un très bon exemple de l’effet dissuasif parce que vous allez utiliser le traumatisme de ces femmes qui entendent le cœur [du fœtus] battre et les mettre dans la situation où elles sont amenées à l’idée qu’elles sont en train de tuer un être vivant pour les empêcher d’avorter ».

« [Viktor] Orban et son gouvernement importent des tendances politiques étrangères afin de se promouvoir. Maintenant, il fait des femmes de Hongrie un champ de bataille politique », a expliqué l’eurodéputée Karen Melchior, du groupe Renew Europe, à EURACTIV.

« Poser des exigences politiques comme celle-ci sur la façon dont les médecins font leur travail est dangereux pour la santé des femmes », a-t-elle ajouté.

Dans son communiqué de presse, le réseau international a également pointé du doigt les séances de conseil dissuasives et intrusives obligatoires pour les femmes souhaitant avoir recours à l’avortement qui, selon eux, ont été mises en œuvre « dans le seul but d’humilier et de miner leur santé émotionnelle ».

« Comme en Pologne, il est dramatique de voir les citoyens européens en payer le prix, leur santé mentale, leur vie intime et leur liberté étant sacrifiées au nom de l’agenda ultra-conservateur d’un gouvernement. Le gouvernement de [Viktor] Orban sait très bien que l’opinion publique hongroise est favorable aux droits en matière de reproduction et c’est pourquoi il tente de réduire progressivement le droit des femmes à l’autodétermination », a déclaré Irene Donadio, du réseau, dans le communiqué de presse.

Le groupe se joindra à ses partenaires hongrois pour demander au gouvernement de cesser ce harcèlement envers les femmes et de prendre des « mesures urgentes et efficaces » afin de soutenir l’accès à la contraception, aux relations amoureuses et à l’éducation sexuelle, ainsi que de mettre en œuvre des politiques sociales qui permettent aux individus de vivre librement en Hongrie, peut-on lire dans le communiqué.